Reconquérir une crédibilité perdue
Antananarivo, 9 septembre 2009 (Apic) L’archevêque mauricien anglican Ian Ernest, de l’Eglise de la Province de l’océan Indien, appelle les dirigeants politiques de Madagascar à mettre de côté leurs rivalités politiques pour donner la priorité au peuple.
«Je sais que c’est difficile parce que la situation est délicate, mais en tant qu’Eglise, nous appelons les dirigeants à voir cette situation au niveau de Dieu», a déclaré l’archevêque Ernest à l’Agence ENI, après une réunion avec des responsables anglicans régionaux.
Madagascar, quatrième plus grande île du monde, dans l’océan Indien, se trouve dans une impasse politique, entre Andry Rajoelina, ancien maire de la capitale Antananarivo, et le président évincé Marc Ravalomanana, responsable laïque de l’Eglise de Jésus-Christ à Madagascar (FJKM).
En janvier, après des semaines de manifestations, Andry Rajoelina s’est emparé du pouvoir, une manœuvre qualifiée de coup d’Etat par la communauté internationale. L’aide a été interrompue et des appels ont été lancés en faveur d’un gouvernement d’union nationale.
«Madagascar a désespérément besoin de dirigeants à l’heure actuelle, parce que les dirigeants au pouvoir n’ont pas été reconnus comme légitimes aux yeux de la communauté internationale», a déclaré l’archevêque Ernest, soulignant que la situation à Madagascar est confuse depuis quelques mois.
Après une série de tentatives de négociations de paix avec la médiation de l’ancien président du Mozambique Joaquim Chissano, les parties ont signé le 9 août un accord de partage du pouvoir par lequel elles s’engagent à mettre fin à la violence politique, à former un gouvernement de transition et à organiser de nouvelles élections dans les 15 mois.
La seconde étape des négociations, un peu plus tard en août, a cependant échoué, suite à la demande de consultation formulée par Andry Rajoelina concernant le poste de Premier ministre, que l’opposition veut le voir céder.
«L’Eglise suit attentivement la situation», a déclaré l’archevêque Ernest. «J’espère que cela va marcher et je prie en ce sens».
Interrogé sur l’implication de l’Eglise dans la politique, au point de perdre son autorité morale, l’archevêque Ernest a relevé que les circonstances ont fait que cette Eglise a été prise dans les affaires politiques.
«Je crois désormais que nous avons tiré les leçons du problème. Je pense que l’Eglise pourra toujours être un organisme indépendant, et parfois même un organisme convaincant pouvant œuvrer à l’amélioration de la vie dans tout le pays», a déclaré l’archevêque Ernest.
L’Eglise de Jésus-Christ à Madagascar compte 2,5 millions de fidèles. Il s’agit de la plus grande Eglise protestante du pays et on affirme que c’est pendant que Marc Ravalomanana était en fonction que la séparation entre l’Eglise et l’Etat s’est atténuée. Les anglicans sont au nombre de 330’000 sur l’île. (apic/eni/pr)
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