Le gouvernement prend des mesures

Corée du Sud: Prosélytisme «missionnaire» des protestants évangélistes à l’étranger

Séoul, 13 septembre 2009 (Apic) Le gouvernement sud coréen a pris des mesures contre le prosélytisme des protestants évangéliques de ce pays en «mission» dans les pays musulmans

A la suite de plaintes émanant de gouvernements de pays musulmans à l’encontre de protestants sud-coréens jugés trop prosélytes, Séoul a décidé de réagir.

Cet été, l’Iran, la Jordanie et le Yémen ont expulsé 80 ressortissants sud-coréens, au motif principal de prosélytisme, une activité interdite dans ces pays. Selon l’agence Ucanews, citée par Eglises d’Asie, le ministre des Affaires étrangères sud-coréen a envoyé, le 21 août dernier, au KWMA (Korean World Missions Association), un rassemblement de 142 Eglises missionnaires protestantes, un courrier dont le contenu n’a pas été révélé à la presse, le sujet ayant été jugé «trop sensible» par les deux parties.

Des informations ont cependant filtré, selon lesquelles le ministre aurait menacé de retirer ou du moins de restreindre la délivrance et la durée de leurs passeports aux ressortissants expulsés, spécialement aux missionnaires travaillant au Moyen-Orient. Le gouvernement sud-coréen a en effet évoqué la possibilité de retirer les passeports de ceux qui ont «porté atteinte à la dignité de la nation», sur une durée pouvant aller d’un à trois ans.

Un responsable du ministère des Affaires étrangères, cité par le quotidien coréen Chosun Ilbo du 27 août, a déclaré que le gouvernement craignait que «le comportement offensif» des missionnaires ne provoque «des attaques dirigées non seulement contre les missionnaires eux-mêmes mais aussi contre l’ensemble des Coréens voyageant en simples touristes».

Selon Eglises d’Asie, ce n’est pas la première fois que Séoul prend des mesures pour modérer l’ardeur missionnaire des protestants, en particulier des évangéliques, de plus en plus nombreux dans le pays. A la suite de la dramatique «affaire des otages» de 2007 où 23 jeunes protestants sud-coréens avaient été enlevés – et deux d’entre eux exécutés – par les talibans en Afghanistan, le ministère des Affaires étrangères avait interdit aux missionnaires et à leurs acolytes, les séjours dans les zones «à risque» de la planète, comme l’Iran, l’Afghanistan et la Somalie, précisant que les contrevenants seraient passibles d’une peine allant jusqu’à un an de prison et une amende de trois millions de wons (1’700 euros).

Le Conseil national des Eglises en Corée, principal regroupement des communautés protestantes, avait alors déclaré que leur travail missionnaire serait désormais mené de façon plus prudente. En échange de la libération des otages, le gouvernement sud-coréen s’était engagé à rapatrier ses missionnaires présents en Afghanistan et à ne plus en envoyer. Mais, en 2006, quelque 2’000 évangéliques sud-coréens avaient bravé l’interdiction de Séoul et s’étaient rendus en Afghanistan, munis d’un visa de touriste, avant d’être, pour la plupart d’entre eux, expulsés.

Les méthodes d’évangélisation des protestants coréens sont également critiquées par les bouddhistes, dans un pays où cette religion traditionnellement dominante est pratiquée par plus de 49 millions de croyants. L’animosité de ces derniers s’est renforcée depuis qu’en 2006, un grand rassemblement évangélique a fait prier pour que «tous les temples bouddhistes soient démolis». L’affaire avait fortement embarrassé Lee Myung-bak, alors candidat aux élections présidentielles, qui apparaissait en vidéo lors du meeting. Il avait par la suite présenté des excuses aux bouddhistes, disant qu’il n’avait jamais eu connaissance de ces intentions de prière. (apic/eda/pr)

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