Ouganda: 300 chefs religieux de différentes confessions appellent au calme dans le pays

Après les troubles sanglants du week-end dernier à Kampala

Kampala, 15 septembre 2009 (Apic) Au nom de trois cents chefs religieux musulmans, chrétiens et appartenant aux religions traditionnelles d’Ouganda, l’archevêque de Kampala, Mgr Cyprien Kizito Lwanga, a lancé un appel au calme, à la suite des graves violences qui ont eu lieu à Kampala pendant le week-end.

Au moins 14 personnes ont été tuées entre jeudi 10 et dimanche, lors d’affrontements entre les forces de l’ordre et des partisans du roi Ronald Muwenda Mutebi II. Ces troubles sont liés au refus des autorités ougandaises d’autoriser un déplacement du souverain traditionnel des Baganda, dans une province du nord-est.

Les Baganda sont membres de l’une des principales tribus ougandaises. Ils sont implantés dans le sud du pays et majoritaire dans la capitale, Kampala. Selon le quotidien gouvernemental ougandais «New Vision», Mgr Cyprien Kizito Lwanga a lancé l’appel à l’issue d’une conférence de trois jours, organisée par le Conseil interreligieux de l’Ouganda, en collaboration avec d’autres organismes religieux. La rencontre avait pour thème «la réconciliation nationale durable, la justice et de la paix» dans le pays.

Le rassemblement a regroupé des dignitaires religieux des différentes confessions du pays (musulmans et chrétiens notamment), ainsi que chefs traditionnels, des universitaires, des dirigeants de partis politiques et des députés. A l’ouverture des travaux déjà, le chef de l’Eglise catholique ougandaise avait invité au dialogue entre le gouvernement et le royaume de Baganda.

«Ces actes de violences sont une honte pour notre pays»

Dans l’appel qu’il a prononcé au nom de ses pairs des autres religions, Mgr Lwanga a déclaré qu’»en tant que dirigeants religieux, nous regrettons profondément les actes de violences qui ont eu lieu dans la capitale et qui sont une honte pour notre pays».

«La violence engendre la violence qui entraîne non la mort de personnes, mais aussi, la destruction de nation», a souligné pour sa part, l’archevêque de Gulu, Mgr Jean-Baptiste Odama. En plus de leur appel au calme, les dignitaires des différentes confessions religieuses d’Ouganda ont estimé que ceux qui veulent la violence commettent un acte de sabotage du développement pacifique du pays. Les chefs religieux ont convenu de jouer un rôle de médiateur entre le gouvernement et le royaume de Baganda.

Une délégation des chefs religieux a été constituée pour rencontrer le président Yoweri Museweni et le Premier ministre du Baganda, Jean Baptiste Walusimbi. Le chef du gouvernement bagandais, qui participait à la conférence, a appelé les jeunes de son royaume à rester calme et à s’abstenir toute violence. «Nous résoudrons pas un conflit par confrontation, mais par approche pacifique», a-t-il notamment souligné. (apic/ibc/be)

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