Arrêté en vertu de la loi sur le blasphème
Lahore, 18 septembre 2009 (Apic) Les funérailles de Fanish Masih, le 16 septembre à Sialkot, dans le Penjab, ont été le théâtre d’affrontements entre cortège funèbre et forces de l’ordre. Le jeune homme est décédé la veille après avoir été arrêté en vertu de la loi sur le blasphème.
Des chrétiens et des membres d’associations pour la défense des droits de l’homme ont également manifesté à Lahore, capitale du Penjab, rapporte l’agence Eglises d’Asie. Les manifestants ont demandé l’ouverture d’une enquête pour meurtre et la suppression des lois anti-blasphèmes. Celles-ci sont à l’origine de nombreuses violences contre les chrétiens, qui représentent 20 millions de personnes au Pakistan, soit un peu plus de 1% de la population.
Le 15 septembre, Fanish Masih, âgé d’une vingtaine d’années, a été retrouvé mort dans sa cellule du quartier de haute sécurité de la prison centrale de Sialkot. Bien que le directeur de la prison ait affirmé que le jeune homme s’était pendu avec le cordon de son pantalon, la communauté chrétienne a immédiatement accusé les autorités policières de camoufler en suicide une « exécution extra-judiciaire ».
Fanish Masih avait été accusé d’avoir profané le Coran, sur le témoignage d’un barbier musulman de son village de Jatekhe, lequel avait affirmé l’avoir vu arracher des pages du livre sacré pour les jeter dans le caniveau. A la suite de cette dénonciation, un groupe d’islamistes avait incendié, en représailles, l’église du Calvaire et deux autres maisons chrétiennes. Le lendemain, Fanish Masih était arrêté au nom des lois anti-blasphèmes et conduit à la prison de Sialkot. Selon les proches du jeune homme et les chrétiens de Jatekhe, cela faisait des mois qu’il était menacé de mort par les islamistes qui lui reprochaient d’entretenir une relation avec une musulmane.
En signe de deuil, de nombreux commerces de Sialkot et du village de Jatekhe étaient fermés le jour de l’enterrement. Une foule de plus de 3’000 personnes selon les sources locales, suivait le cortège funèbre. Celui-ci s’étant transformé rapidement en manifestation, la police a alors dispersé la foule et blessé de nombreuses personnes, usant de matraques et de gaz lacrymogène. Plusieurs arrestations ont eu lieu, dont le nombre n’a pas encore été confirmé.
La veille, 15 septembre, des émeutes s’étaient déjà produites à l’annonce de la mort de Fanish Masih. Plus de 2’000 manifestants, selon les représentants des Eglises locales, avaient défilé dans les rues de Sialkot, réclamant l’ouverture d’une enquête pour meurtre et scandant « Stop à l’extrémisme religieux et au massacre des chrétiens ». La marche de protestation avait alors dégénéré, les manifestants jetant des pierres aux forces de l’ordre, pendant que la police chargeait la foule avec des matraques et des bombes lacrymogènes, faisant de nombreux blessés. Selon des sources officielles, des manifestants auraient également commis des déprédations sur des magasins et des voitures. (apic/eda/bb)
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