Rome: La restitution des biens de l’Eglise tchèque dans les discussions bilatérales

En marge du voyage du pape

Rome, 22 septembre 2009 (Apic) A l’occasion du voyage que Benoît XVI effectuera en République tchèque, du 26 au 28 septembre 2009, la question controversée de la restitution des biens de l’Eglise confisqués par le régime communiste reviendra inévitablement sur le devant de la scène. Cette délicate question devrait cependant être abordée presque exclusivement dans le cadre des rencontres bilatérales à huis clos, en marge de ce 13e déplacement du pape à l’étranger.

Au premier soir de son voyage, le 26 septembre, Benoît XVI célébrera l’office des Vêpres dans la cathédrale Saint-Guy, à Prague, lieu de cristallisation des tensions entre l’Etat tchèque et l’Eglise. Ces dernières années, une bataille judiciaire a ainsi opposé le Chapitre de la cathédrale et la présidence de la République, en charge du château de Prague au sein duquel se trouve l’édifice. Dans un premier jugement, l’édifice confisqué par le régime communiste avait été restitué à l’Eglise en septembre 2006. Il est ensuite redevenu propriété de l’Etat en février 2007 après un jugement de la Cour suprême. En mai 2009, un deuxième jugement de cette même cour a confirmé cette décision.

Plus largement, la question de la restitution des biens ecclésiaux spoliés par le régime communiste au milieu des années 1940 est au cœur des débats depuis une vingtaine d’années. La problématique concerne bien sûr des édifices religieux ou des monastères, mais aussi d’autres biens immobiliers comme des bâtiments agricoles, des champs et des forêts.

Un projet de loi bloqué en raison de la situation politique

En janvier 2008, un accord avait été conclu entre le gouvernement et les 17 Eglises ou communautés religieuses concernées, avec un projet de loi de réparation. Celui-ci associait la restitution physique de certains biens à une compensation financière des biens non restitués à hauteur de 270 milliards de couronnes, soit plus de 10 milliards d’euros sur 60 ans (dont 83 % à l’Eglise catholique). Le projet de loi pour la restitution est, pour l’heure, en panne, du fait de la situation politique transitoire du pays.

Entre les lignes, en novembre 2005, Benoît XVI avait plus particulièrement évoqué la question des biens de l’Eglise en recevant les évêques tchèques aux Vatican. «Eglise ne cherche pas de privilèges, avait alors déclaré le pape, mais seulement à pouvoir remplir sa mission. Quand ce droit vient à lui être reconnu, en vérité, c’est la société tout entière qui en tire avantage.»

En septembre 2008, en recevant le nouvel ambassadeur tchèque près le Saint-Siège, le pape avait été on ne peut plus clair en affirmant : «Toute la société tire bénéfice du fait que l’Eglise puisse avoir le droit d’exercer la gestion des biens matériels et spirituels nécessaires à son ministère. On trouve dans votre pays des signes de progrès dans ce domaine, mais beaucoup reste encore à faire. Je suis certain que les commissions spéciales mises en place par votre gouvernement et votre parlement pour résoudre les questions en cours relatives aux biens ecclésiaux progresseront avec honnêteté, justice et avec la reconnaissance authentique de la capacité de l’Eglise à participer au bien-être de la République. Je souhaite en particulier que ces considérations soient clairement présentes au moment de trouver une solution au sujet de la cathédrale de Prague, qui s’élève comme un témoignage vivant du riche héritage culturel et religieux de votre pays, et témoigne de la coexistence harmonieuse de l’Eglise et de l’Etat». (apic/imedia/ami/js)

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