Rome: Le Vatican réaffirme que Benoît XVI ignorait les positions de Mgr Williamson

L’évêque de Stockholm les avait pourtant transmises au Saint-Siège

Rome, 23 septembre 2009 (Apic) Le directeur du Bureau de presse du Saint-Siège a affirmé, le 23 septembre, qu’il était «absolument infondé d’affirmer ou même d’insinuer» que Benoît XVI avait eu connaissance des positions négationnistes de Mgr Richard Williamson avant de lever l’excommunication qui pesait sur lui et les 3 autres évêques de la Fraternité Saint-Pie X. En Suède, l’évêque de Stockholm et le nonce soutiennent tous deux que l’information avait été transmise au Saint-Siège.

Dans une note communiquée aux journalistes, le directeur du Bureau de presse du Saint-Siège a ainsi tenu à réagir «à propos d’informations qui circulent sur une nouvelle émission de la télévision suédoise consacrée à ›l’affaire Williamson’». «Il est absolument infondé d’affirmer ou même d’insinuer que le pape était préalablement au courant des positions de Williamson (sans Mgr, ndlr)», a ainsi déclaré le père Lombardi, rappelant que ceci avait déjà était indiqué dans une note de la Secrétairerie d’Etat, le 4 février dernier. La chaîne suédoise SVT a annoncé la diffusion d’une émission révélant, entre autres, qu’un évêque suédois avait transmis au Saint-Siège l’information concernant les positions négationnistes de Mgr Williamson, quelques jours avant la levée de son excommunication.

Les limites de la communication au Vatican

Une fois encore, le Père Lombardi a tenu à réaffirmer «la dissociation radicale du pape et de l’Eglise catholique à l’égard des positions antisémites ou négationnistes vis-à-vis de l’Holocauste». Il a en outre soutenu que, dans sa lettre aux évêques du monde entier, le 10 mars dernier, Benoît XVI «avait mis un terme à toute cette question» en expliquant «la signification de la levée de l’excommunication», en démontrant «le caractère totalement infondé des accusations de manque de respect à l’égard du peuple juif qui lui étaient faites», et en reconnaissant aussi «les limites de la communication interne et externe du Vatican». «Relancer ›l’affaire Williamson’, a encore confié le ›porte-parole’ du Vatican, ne peut que servir à continuer de créer la confusion».

Le site Internet traditionaliste Rorate Caeli avait préalablement rapporté que la chaîne télévisée suédoise SVT – la même qui avait interviewé Mgr Richard Williamson et à travers laquelle il avait nié l’existence des chambres à gaz à la veille de la levée de son excommunication – diffuserait le soir même un programme dont l’intention était de lancer «une attaque envers le pape». Selon le même site, l’émission devrait révéler que l’évêque de Stockholm, Mgr Anders Arborelius, avait averti le Saint-Siège des prises de position négationnistes de Mgr Williamson.

L’évêque lui-même, dans un communiqué publié dans la matinée du 23 septembre, a ensuite confirmé que son diocèse avait transmis «aux responsables du Vatican» les informations en sa possession sur la Fraternité Saint-Pie X et Mgr Williamson, y compris «le contenu de l’interview» réalisée dans le cadre de l’émission télévisée suédoise ›Uppdrag granskning’.

L’attachée de presse du diocèse de Stockholm, Maria Hesselgren, a précisé le 22 septembre à l’Apic que l’évêché avait transmis fin novembre 2008 au nonce apostolique en Suède la position de l’évêque Williamson. Le nonce, l’archevêque suisse Emil Paul Tscherrig, a transmis rapidement cette information à Rome, selon ses propres dires. Maria Hesselgren a précisé à l’Apic qu’elle avait été elle-même avisée des propos de Williamson par des représentants de l’Eglise luthérienne, lesquels les ont obtenus de collaborateurs de la chaîne de TV suédoise.

Les dysfonctionnements du Saint-Siège

Pour de nombreux observateurs, cette dernière déclaration du Père Federico Lombardi et les propos de l’évêque de Stockholm font apparaître au grand jour les dysfonctionnements internes du Saint-Siège, au sein de la curie, et en particulier de l’appareil qui est au service du pape, la Secrétairerie d’Etat. Dans une interview accordée en février dernier au quotidien catholique français La Croix, le ›porte-parole’ du Vatican avait confié que ceux qui avaient géré cette affaire au Vatican n’avaient pas conscience de la gravité des propos de Mgr Williamson. Il avait surtout reconnu qu’il manquait «une culture de la communication» au sein du Vatican, expliquant que «chaque dicastère communique de manière autonome, ne pense pas forcément à passer par le Bureau de presse du Saint-Siège, ni, lorsque l’information est trop complexe, à rédiger une note explicative». Il avait enfin mis en cause explicitement le cardinal Castrillon Hoyos, le président de la Commission pontificale ›Ecclesia Dei’ et principal négociateur dans cette affaire.

En outre, dans l’émission de la télévision suédoise diffusée dans la soirée du 23 septembre, le président du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens devrait confier avoir eu une «connaissance générale» des opinions de Mgr Richard Williamson. Dans une interview accordée à la chaîne SVT, le cardinal Walter Kasper ne cacherait pas non plus son étonnement devant le fait que la Commission pontificale ›Ecclesia Dei’ n’était pas informée des propos négationnistes de l’évêque intégriste britannique. (apic/imedia/ami/lb/kna/gs/bb)

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