Maintenir vivante la flamme de l’espoir
Lucerne, 23 septembre 2009 (Apic) Les membres de l’Association suisse pour la Terre sainte se sont retrouvés le 21 septembre pour leur assemblée générale annuelle à la Maison Romero à Lucerne. La bonne vingtaine de participants a entendu le témoignage de l’archevêque Boulos Borkhoche, accompagné de l’abbé Adwan Khalil, de Syrie.
Le président de l’association, l’abbé Thomas Bieger, a lancé dans son rapport annuel: «Nous devons maintenir vivante la flamme de l’espoir et rejeter clairement le pouvoir destructeur de la haine et des préjugés». Reprenant des paroles prononcées par le pape Benoît XVI lors de sa visite à l’hôpital pour enfants de Bethléem, il a affirmé que les points communs sont à renforcer et la dignité de chacun doit être préservée. Qui sème de la mauvaise semence doit s’attendre aussi à une mauvaise récolte. Thomas Bieger a prôné la réconciliation entre toutes les religions dans les pays originels du christianisme.
Des problèmes entre Israël et le Vatican sont restés non résolus après la visite du pape, comme la question des impôts et les difficultés de remise de visas aux prêtres catholiques d’origine arabe, relève l’abbé Bieger. L’émigration des chrétiens n’a pas pu être enrayée jusqu’à maintenant. Mais de plus en plus de non juifs se rendent en Israël, par exemple des chrétiens orthodoxes d’Ukraine.
Les comptes 2008 de l’association suisse pour la Terre sainte ont bouclé avec un léger déficit, en raison de la crise économique. Les obligations, qui ont rapporté quelque chose durant de nombreuses années, ont souffert, a expliqué le responsable des finances. Mais depuis le début 2009, le cours est remonté. Et si les comptes étaient bouclés maintenant, l’association aurait même connu un bénéfice de 18’000 francs.
Les membres ont élu au comité le dominicain Jean Michel Poffet, ancien directeur de l’école biblique de Jérusalem, qui représente les Chevaliers du Saint Sépulcre. Il remplace Rudolf F. Benziger, qui est décédé.
En fin d’assemblée, l’archevêque grec-catholique melkite Boulos Borkhoche a partagé ses préoccupations. Lui et son collaborateur Adwan Khalil vivent au sud de la Syrie, où le manque d’eau est parfois criant. Lui-même a fait creuser un puits dans son propre jardin et a pu cultiver de nombreuses plantations. Son exemple a encouragé des chrétiens à faire de même. Ils ont ainsi pu combattre les problèmes de sécheresse, et le produit de leurs récoltes constitue un apport bienvenu.
Les Eglises en Syrie disposent de beaucoup de liberté, mais ne reçoivent pas d’argent de l’Etat. Elles peuvent obtenir très rapidement des permis de construire pour les bâtiments ecclésiaux, mais ne peuvent assurer la construction qu’avec l’aide d’organisations de l’étranger, a souligné l’archevêque Borkhoche.
Une autre de ses préoccupations concerne la rétribution des prêtres. Vingt parmi eux sont mariés et un seul est célibataire. Son accompagnateur, le curé Adwan Khalil, est marié depuis 1965. Il a huit enfants et il est grand-père. Il a été ordonné prêtre il y a 17 ans. Il assure ses frais de ménage en s’adonnant à l’agriculture et à l’enseignement, comme professeur d’arabe. Il vit très simplement et lorsqu’une dépense devient trop lourde à supporter, l’archevêque lui octroie un prêt en espérant être remboursé un jour.
Du fait que le manque d’eau devient de plus en plus fréquent, Boulos Borkhoche s’attend à rencontrer toujours davantage de problèmes financiers, et espère recevoir une certaine aide de l’étranger. (apic/jh/job/bb)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse
https://www.cath.ch/newsf/maintenir-vivante-la-flamme-de-l-espoir/