Guinée: Le cardinal Théodore Adrien Sarr dénonce les massacres du 28 septembre
Dakar, 1er octobre 2009 (Apic) Le cardinal Théodore Adrien Sarr, archevêque de Dakar, a dénoncé la répression meurtrière d’un rassemblement de l’opposition, par des soldats gouvernementaux, qui ont tiré lundi sur la foule des civils à Conakry. Ce massacre, le plus sanglant de la région depuis des années, a causé la mort de plus de 150 personnes. Le chef de l’Eglise catholique du Sénégal a appelé mercredi les gouvernements africains à la solidarité avec la population guinéenne.
Lors d’une conférence de presse, le 30 septembre à Dakar, au cours de laquelle il a annoncé l’organisation d’une quête spéciale de l’Eglise catholique dans toutes ses structures en faveur des sinistrés des inondations au Sénégal, le cardinal Sarr a ajouté qu’il avait une «pensée pieuse» pour les victimes des forces de l’ordre en Guinée.
«Ces évènement de Conakry sont plus que désolants, ils font la honte de toute l’Afrique», a-t-il fustigé, tout en insistant auprès des dirigeants africains à tout mettre en œuvre pour une sortie de crise en Guinée. Cette déclaration du cardinal Théodore Adrien Sarr s’ajoute à la vague de condamnations internationale de la répression sanglante du rassemblement de l’opposition guinéenne. Il avait pour but de dire non à une candidature du capitaine putschiste Moussa Dadis Camara à l’élection présidentielle de janvier prochain. Or, le chef de la junte militaire guinéenne tient à se présenter à cette élection, en violation flagrante de l’engagement qu’il avait pris à son arrivée au pouvoir, il y a neuf mois, de ne pas se présenter au scrutin.
Dépassé par l’ampleur de la réprobation unanime de la communauté internationale, le militaire a proposé la mise en place d’une commission d’enquête nationale et internationale. Il a aussi suggéré la désignation d’un président africain, qui serait un «sage», pour la médiation en Guinée, et la formation d’un gouvernement d’union nationale, auquel participeraient des membres des différents partis politiques, et qui serait chargé de la transition jusqu’à l’élection présidentielle de janvier prochain.
Le Conseil de sécurité de l’ONU qui a condamné mardi 29 septembre la répression en Guinée, a demandé au capitaine Camara et aux autres membres de son gouvernement, de ne pas poser leur candidature à cette élection. La France qui avait colonisé la Guinée, a décidé de suspendre immédiatement sa coopération militaire avec le pays. Elle a réuni à Bruxelles les membres de l’Union européenne pour l’application de sanctions contre le régime militaire guinéen. Selon la presse locale, en un peu plus de trois ans, entre juin 2006 et septembre 2009, au moins 400 personnes ont été tuées par les forces de l’ordre du pays, au cours de manifestations anti-gouvernementales. (apic/ibc/be)
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