Rome: Le cardinal Kasper et l’engagement de l’Eglise dans l’après-guerre

Fortement impliquée dans le processus de réconciliation

Rome, 1er octobre 2009 (Apic) Le cardinal Walter Kasper, en charge au Vatican des relations avec le monde juif, a souligné le 1er octobre combien l’Eglise catholique s’était impliquée dans le processus de réconciliation entre les peuples et les religions après la Seconde Guerre mondiale. Le prélat allemand présentait à la presse le concert «Jeunes contre la guerre» qui sera donné dans la soirée du 8 octobre, à Rome, en présence de Benoît XVI, dans le cadre d’un projet baptisé: «1939-2009 – 70 ans après le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale».

Après le drame de la Seconde Guerre mondiale, où la barbarie et la brutalité ont pris «des dimensions sataniques», «les blessures ont subsisté», a ainsi rappelé le président de la Commission pour les relations avec le judaïsme. C’est précisément pour guérir ces blessures, a expliqué le haut prélat, que l’Eglise catholique est devenue l’une des principales promotrices au plan mondial «de la réconciliation et du processus de guérison de la mémoire, dont la voix est devenue de plus en plus déterminante».

Cet engagement constitue la toile de fond du concert, qui vise aussi à rappeler que le dialogue est l’unique alternative à la guerre, a ensuite indiqué le cardinal Kasper. Et de préciser que le choix d’œuvres de Gustav Mahler (1870-1910) et de Felix Mendelssohn-Bartholdy (1809-1847) avait été dicté par le fait que les deux compositeurs sont juifs de naissance et ont vécu un fort antisémitisme. Au cours de leur vie, Gustav Mahler et Felix Mendelssohn-Bartholdy se sont convertis respectivement au catholicisme et au protestantisme.

La collaboration entre chrétiens et juifs se fonde aujourd’hui sur des bases solides»

Quelques décennies plus tard, sous le régime nazi, leur musique était interdite, a rappelé le président du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens. A l’auditorium de la Via della Conciliazione, non loin du Vatican, 4 pièces musicales seront exécutées par un orchestre de jeunes provenant de 10 pays différents, sous la baguette des deux chefs allemands Wolfgang Gönnenwein et Jochem Hochstenbach.

En outre, parmi les 4 auteurs dont les textes seront lus par l’acteur allemand Klaus Maria Brabdauer – Johann Wolfgang von Goethe (1749-1832), Berthold Brecht (1898-1956), Heinrich Heine (1797-1856) et Paul Celan (1920-1970) – les 2 derniers sont juifs. Le programme s›achèvera par la lecture de 2 poésies écrites par des enfants prisonniers du camp de concentration de Terezin, dans l’actuelle République tchèque.

«En dépit d’un passé tragique et douloureux, la collaboration entre chrétiens et juifs se fonde aujourd’hui sur des bases solides», s’est encore félicité le cardinal Kasper dans son intervention, certain que même les doutes et les difficultés peuvent être dépassés dans le respect et la sympathie réciproques. Comme le veut la tradition, Benoît XVI prendra la parole au terme de cette soirée culturelle. (apic/imedia/cp/be)

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