A l’occasion des 20 ans de la chute du mur de Berlin
Paris, 2 octobre 2009 (Apic) Le Conseil des Conférences épiscopales d’Europe (CCEE), tient son assemblée plénière à Paris du 1er au 4 octobre. L’analyse des relations entre Eglise et Etat à l’occasion des 20 ans de la chute du mur de Berlin est au menu de ce rassemblement d’évêques européens. Le CCEE est présidé par le cardinal Péter Erdö, archevêque d’Esztergom-Budapest et primat de Hongrie, assisté de deux vice-présidents, le cardinal Jean-Pierre Ricard, archevêque de Bordeaux, et le cardinal Josip Bozanić, archevêque de Zagreb.
Le CCEE, qui réunit 33 Conférences épiscopales de toute l’Europe, y compris les épiscopats des anciens pays de l’Est, veut comparer les situations législatives dans les différents Etats, les relations de chaque épiscopat avec les autres pays et avec l’Europe. Les évêques vont aussi aborder des questions d’actualité comme le récent voyage du pape Benoît XVI en République tchèque, et porter leur attention sur les populations de la Terre Sainte», l’année sacerdotale, le rapport sur Eglise et médias pour l’année écoulée, l’idéologie du genre dans le panorama législatif européen et les questions d’actualité en matière de bioéthique. Une délégation du CCEE va remettre au président français Nicolas Sarkozy vendredi après-midi à l’Elysée un exemplaire de l’encyclique «Caritas in veritate» dédicacé par le pape Benoît XVI.
Hôtes du cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris et président de la Conférence des évêques de France, trente-trois évêques présidents de Conférences épiscopales allant de l’Albanie à l’Ukraine ainsi que les archevêques de la principauté de Monaco, du Luxembourg et l’évêque de Chisinau, en Moldavie, siègent pour leur assemblée à la maison de la Conférence des évêques de France jusqu’à dimanche. Participent également à la session les présidents des commissions de la CCEE, des représentants du Saint-Siège et plusieurs invités d’autres continents.
En préambule de l’assemblée plénière, le président du CCEE présente ainsi les travaux des évêques européens: «Pour remplir leur tâche pastorale qui est de veiller sur le peuple de Dieu, les évêques ont ressenti le besoin d’être informés sur les modalités et les solutions de chaque Etat dans sa relation avec l’Eglise. Nous avons également à réfléchir sur des questions qui restent en suspens telles que la confiscation des biens de l’Eglise sous les régimes communistes. (…) Il existe aujourd’hui une variété très grande de modèles régissant ces relations. Ce qui allait très bien pour la Pologne aurait été nuisible en Turquie. Un modèle unique, centralisé serait mortifère pour les autres».
En ouverture de l’assemblée, le cardinal Péter Erdö, président du CCEE, a relevé que l’année 2009 a sans aucun doute a été caractérisée par la crise financière. «Il y a à peine un an, il est devenu clair que le système financier subissait une crise sans précédent, qui finirait par produire des effets concrets sur la vie des gens. L’Eglise, avec ses divers organes et à différents niveaux, du Vatican à la petite communauté locale ne pouvait pas ignorer cette question», a-t-il souligné.
L’Eglise est ainsi intervenue pour aider ceux qui, en raison de la crise, ont perdu leur emploi ou n’ont plus assez pour vivre, a-t-il poursuivi. «D’autre part, l’Eglise a ressenti le besoin de mettre en œuvre et proposer une réflexion sérieuse sur les causes et les conséquences de cette crise. Nos diocèses et, très souvent, nos conférences épiscopales, ont multiplié les moments de réflexion et des propositions créatives et objectives en termes de charité et de solidarité». La CCEE aussi a voulu offrir son expertise, en organisant une réunion à Zagreb de trente participants, évêques, prêtres et laïcs, représentants des conférences épiscopales. Les conclusions de cette réunion et les propositions qui en sont sorties sera un objet d’analyse dans les prochains jours.
Et de relever que c’est le pape, dans son encyclique ’Caritas in veritate’, qui a donné la contribution la plus profonde et importante pour faire prendre conscience de la portée de ce qui se passe dans le monde et de l’urgence de changer les paradigmes. Ce n’est pas simplement la solution aux problèmes de questions techniques ou financières qui permettra de résoudre la crise, poursuit-il. «Nous sommes face à une occasion sans précédent de réfléchir sur le progrès réel et la réalité des relations sociales. Le pape nous a rappelé la nécessité de la charité et de la vérité et a insisté sur une anthropologie qui contemple l’homme dans son intégralité», souligne encore le président du CCEE.
Le cardinal Erdö a dit son espoir que l’encyclique sera pour tous, pour l’Europe, même au-delà des frontières de l’Eglise catholique, «une impulsion, car la crise est, comme l’aube, un signe que les ténèbres se fondent et que la lumière d’un jour nouveau apparaît».
Le cardinal hongrois a également rappelé que 2009 a été une année particulière pour l’Eglise tout entière, parce que ce fut l’Année de saint Paul. «Les deux mille ans de la naissance du grand Apôtre Paul, comme nous l’a rappelé avec insistance le Saint-Père, ont fourni l’occasion pour un appel renforcé à la conversion et à la mission», a rappelé le cardinal Erdö. Cette année jubilaire a été l’occasion notamment de se rendre en pèlerinage sur les lieux pauliniens, non seulement à Rome mais aussi à Tarse et en Terre Sainte. Outre la valeur spirituelle de tels pèlerinages, a-t-il relevé, ce sont autant d’occasions de voir de ses propres yeux les difficultés rencontrées par les communautés chrétiennes en Palestine, dans ces lieux où est né et a vécu le Christ.
Le cardinal hongrois a dit son espoir que le soutien économique nécessaire pour aider les lieux saints – et en particulier les communautés qui y vivent – puisse continuer à croître. Il est providentiel, poursuit le cardinal Erdö, que le pape, pour cette année pastorale, ait proposé une année sacerdotale. Et d’espérer également que cette année contribuera à «promouvoir les efforts de rénovation intérieure de tous les prêtres pour un témoignage évangélique plus fort et plus efficace dans le monde aujourd’hui (…) Je sens que cette année peut représenter une occasion privilégiée pour renforcer notre attachement à la promotion des vocations. L’Europe a besoin de plus de prêtres».
Le président du CCEE a encore déploré les «réels signes d’intolérance» montrés par certains médias et les nombreuses fois où «les nouvelles sur la vie de l’Eglise sont faussées, souvent ridiculisées ou attaquées. Cette année, malheureusement, même le Saint-Père a été victime de telles attaques. Ce ne fut pas des moments faciles, et nous savons que cela a été particulièrement dur dans certains pays».
Le cardinal Erdö a encore souligné l’importance de l’œcuménisme pour l’Eglise catholique. «Depuis sa naissance, le CCEE a toujours été engagé dans la cause de l’œcuménisme. Les relations bilatérales avec les diverses communautés ou familles religieuses, mais également les relations institutionnelles avec la Conférence des Eglises européennes (KEK), en ces 40 ans de la CCEE, constituent l’un de ses piliers. C’est dans ce contexte que, chaque année, à une commission paritaire, la CCEE et la KEK partagent leurs expériences, discutent des idées et présentent des propositions conjointes».
«Cette année, face aux graves problèmes environnementaux et dans la perspective de la prochaine Conférence mondiale sur les changements climatiques à Copenhague, nous avons tenu un grand débat qui montre qu’en ceci, comme dans beaucoup d’autres questions, il est possible que les chrétiens s’efforcent de s’exprimer d’une voix commune. Nous allons essayer de mettre en valeur ces lieux de rencontre qui ont déjà porté de nombreux fruits», a-t-il conclu. (apic/ccee/com/be).
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