«Europe, aie confiance !»

Paris: Clôture de l’Assemblée plénière du Conseil des Conférences épiscopales d’Europe

Paris, 5 octobre 2009 (Apic) L’Assemblée plénière du Conseil des Conférences épiscopales d’Europe (CCEE) – qui a siégé du 1er au 4 octobre à Paris – a décidé de créer une nouvelle commission épiscopale intitulée «Caritas in veritate». Cette nouvelle instance du CCEE aura pour tâche de promouvoir le partage des activités des Conférences épiscopales dans le domaine de la pastorale sociale, des migrations, de la justice et de la paix, et de la sauvegarde de la création. Elle devra également soutenir le travail des Conférences épiscopales dans ces domaines, et de coordonner les initiatives d’intérêt commun.

Du 1er au 4 octobre 2009, les présidents des Conférences épiscopales d’Europe se sont réunis à la Maison de la Conférence des Evêques de France à Paris. Au cours de leur rencontre annuelle portant notamment sur le thème des rapports entre Eglise et Etat, les présidents ont rédigé, vingt ans après la chute du mur de Berlin, un message intitulé «Europe, aie confiance – retrouver l’élan, une espérance à annoncer».

Menaces sur la cathédrale Saint-Joseph de Bucarest

A cette occasion, ils ont également écrit une lettre prenant la défense de la cathédrale catholique romaine de Bucarest. Les prélats ont été informés des graves risques que court la cathédrale Saint-Joseph, principal lieu de culte catholique appartenant à l’archidiocèse de Bucarest, du fait de la construction d’un immeuble gigantesque à huit mètres seulement du mur de la cathédrale. Ils ont manifesté leur profonde préoccupation pour la survie de ce lieu de culte, menacé par un immeuble qui n’est pas désiré par la communauté locale et par les autres confessions religieuses de Roumanie. L’assemblée plénière du CCEE a donc décidé d’adresser une lettre de soutien au peuple roumain par l’intermédiaire de l’archevêque de Bucarest, Mgr Ioan Robu.

L’assemblée plénière 2010 se tiendra à Zagreb, en Croatie, du 30 septembre au 3 octobre 2010, à l’invitation du cardinal Josip Bozanic, archevêque de Zagreb et vice-président du CCEE, et Mgr Marin Srakic, évêque de Djakovo et Srijem, président de la Conférence épiscopale de Croatie. Les évêques du CCEE ont accueilli à l’unanimité la demande de Mgr Joseph Soueif, archevêque de Chypre des Maronites, de devenir membre du Conseil des Conférences épiscopales d’Europe. En conséquence, le CCEE est désormais composé des présidents des 33 Conférences épiscopales présentes en Europe et des archevêques de Luxembourg, de la Principauté de Monaco, de Chypre des Maronites, et de l’évêque de Chisinau, en Moldavie. JB/Com

Encadré

Les rapports entre l’Eglise et l’Etat

Au lendemain de la chute du Mur de Berlin, le 9 novembre 1989, qui a marqué symboliquement la fin du «Rideau de fer» entre l’Europe de l’Ouest et de l’Est, nombre d’Etats, notamment en Europe centrale et orientale, se sont dotés d’une nouvelle Constitution. Ils ont cherché par la même occasion à réorganiser leurs rapports avec l’Eglise catholique à travers des lois et/ou des concordats. En outre, le poids croissant pris par les institutions européennes dans la vie des différents Etats a conduit dans certains cas ces mêmes Etats à modifier leur législation lorsque celle-ci entrait en conflit avec les décisions prises au niveau européen.

Afin de permettre aux évêques de mieux répondre à leur tâche pastorale «qui consiste à veiller sur le Peuple de Dieu dans l’Eglise, y compris comme institution», note le CCEE, le besoin s’est fait sentir d’informer les présidents des Conférences épiscopales des diverses solutions et modèles adoptés par chaque Etat, des questions encore en suspens et des rapports que le Saint-Siège entretient avec les différents Etats et avec les institutions européennes. Parmi ceux-ci, l’Union européenne et le Conseil de l’Europe. Après une réflexion sur les fondements philosophiques et théologiques des rapports entre Eglise et Etat et entre religion et société, les présidents des Conférences épiscopales ont analysé et discuté les modalités avec lesquelles ces rapports se développement concrètement dans chaque pays, en s’appuyant sur les résultats d’une enquête européenne promue par le CCEE.

Notons encore que le cardinal Jean-Pierre Ricard, archevêque de Bordeaux et vice-président du CCEE, a exposé la procédure adoptée par la Conférence épiscopale de France dans le débat sur la bioéthique en cours actuellement en France. Les participants ont considéré que cette procédure est un bon modèle de coopération entre l’Eglise et l’Etat, même si des ombres demeurent quant au résultat final.

En ce qui concerne la théorie du «genre», le cardinal André Vingt-trois, archevêque de Paris et président de la Conférence épiscopale de France, a mis en évidence les questions qu’elle pose à la société et à l’Eglise. «L’Eglise promeut une vision fondée essentiellement sur la coopération entre l’homme et la femme et prend ses distances vis-à-vis de la conception belliqueuse et méfiante de la théorie du genre», souligne le CCEE.

Le cardinal Angelo Bagnasco, archevêque de Gênes et président de la Conférence épiscopale italienne, a présenté une réflexion sur la représentation du pontificat de Benoît XVI dans les médias. «Même si, dans l’ensemble, celle-ci semble adéquate et généralement positive, il existe toutefois un risque de représentation médiatique réductive qui tend à monter en épingle les interventions considérées comme potentiellement conflictuelles et à laisser dans l’ombre certains thèmes de fond qui révèlent les priorités de ce pontificat», relève le CCEE.

A propos de la difficile situation qu’affrontent les chrétiens de Terre Sainte, les évêques européens ont exprimé leur grande préoccupation devant leur exode continu. Les chrétiens de Terre Sainte et, plus en général, des pays du Proche-Orient, quittent de plus en plus ces régions où ils sont présents depuis des millénaires, ce qui inquiète fortement le CCEE. (apic/com/be)

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