Rome: Synode: le cardinal Turkson se réjouit de la croissance de l’Eglise africaine

Mais il s’inquiète des problèmes du continent africain

Rome, 5 octobre 2009 (Apic) Mgr Peter Kodwo Appiah Turkson, archevêque de Cape Coast, au Ghana, rapporteur de la seconde assemblée spéciale pour l’Afrique du Synode des évêques, a évoqué lundi la «croissance exceptionnelle» de l’Eglise africaine mais aussi les problèmes du continent.

Ouvrant les travaux des pères synodaux réunis pour 3 semaines au Vatican autour de Benoît XVI, le cardinal Turkson a, entre autres, déploré l’existence de «partisans» du mariage homosexuel au sein même de l’Eglise en Afrique.

S’appuyant sur l’Instrumentum laboris, le document de travail du synode remis aux évêques africains par Benoît XVI le 19 mars dernier à Yaoundé (Cameroun), le cardinal Turkson a proposé aux pères synodaux un large panorama de la situation de l’Afrique et de l’Eglise du continent, évoquant plus particulièrement «la croissance exceptionnelle de l’Eglise».

Le cardinal Turkson a alors souligné quelques éléments nouveaux dans le panorama ecclésial du continent comme «la suprématie des membres africains des congrégations missionnaires au niveau des postes à responsabilité» ou «la croissance visible des structures et des institutions ecclésiales». Plus négativement, il a regretté «la perte» de fidèles catholiques «qui migrent en direction des nouveaux mouvements religieux et des sectes». «La jeunesse catholique quitte l’Afrique, a noté l’archevêque ghanéen, et y revient non catholique parce qu’elle se sent moins chez elle au sein des Eglises catholiques qui se trouvent sur ces continents».

Le prélat ghanéen n’a pas manqué de pointer aussi les problèmes sociaux et politiques du continent: «le despotisme, la dictature, la politisation de la religion et de l’ethnie, le mépris pour les droits des citoyens, le manque de transparence et de liberté de la presse -, mais il a tenu à souligner par ailleurs qu’il y avait «moins de guerre en Afrique qu’en Asie».

Au cours de cette longue intervention, le cardinal Turkson a énuméré les «nouveaux défis» posés à l’Eglise, à commencer par les «pressions étranges et terribles» sur le mariage et la famille «afin de redéfinir leurs natures et leurs fonctions au sein de la société moderne». Les mariages traditionnels sont mis en «danger» par l’homosexualité, a-t-il expliqué en évoquant la «proposition croissante d’unions et de relations alternatives, dépourvues du concept d’engagement définitif, à caractère non hétérosexuel et n’ayant pas vocation à la procréation».

L’archevêque ghanéen a particulièrement déploré l’existence de «partisans» du mariage homosexuel «à l’intérieur de l’Eglise dans certaines parties du continent». «Cet assaut mené contre le mariage et la famille, a-t-il encore regretté, est promu et soutenu par des groupes qui produisent rapidement un lexique destiné à remplacer les concepts traditionnels et les termes relatifs au mariage et à la famille par de nouveaux». (apic/imedia/ami/pr)

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