Suisse: La Jeunesse socialiste suisse veut supprimer les émissions religieuses à la TSR

Le prurit anti-religieux de la JSS inquiète

Berne, 6 octobre 2009 (Apic) La Jeunesse socialiste suisse (JSS), par la voix de son président Cédric Wermuth, réclame une «séparation absolue entre les Eglises et l’Etat» et veut, entre autres, supprimer les émissions religieuses des médias publics en Suisse. La JSS vise en particulier les émissions des télévisions romande, tessinoise et alémanique (TSR, la TSI et SF). Outre la suppression des impôts ecclésiastiques, la JSS veut également supprimer les cours d’éducation religieuse à l’école, qui seraient remplacés par des cours d’éthique.

La JSS a l’intention de traiter, lors de son assemblé des délégués du 24 octobre à Soleure, une prise de positions violemment anti-religieuse qui fait déjà jaser, même au sein des JS cantonales. Ce prurit anti-religieux fâche les Jeunes Socialistes Neuchâtelois (JSN), qui ont lancé un ultimatum à la JSS mardi 6 octobre. Les JSN, par la voix de son président

Jonathan Gretillat, condamnent fermement le texte de la JSS et relèvent l’incompatibilité existante entre ces propos et leur propre réflexion.

Stupeur et consternation chez les Jeunes Socialistes Neuchâtelois

La section neuchâteloise a envoyé à la JSS une lettre qui remet l’église au milieu du village. Réuni en séance extraordinaire lundi soir, le Comité des Jeunes Socialistes Neuchâtelois (JSN) a pris connaissance «avec stupeur et consternation» du papier sur la religion rédigé par la direction de la JSS, qui veut la faire adopter par la prochaine Assemblée des délégués de la JSS le 24 octobre prochain.

«La consternation est d’autant plus grande qu’une fois encore, la Présidence de la JSS envoie des communiqués de presse aux médias et répond à leurs interviews avant même que la discussion ait été entreprise de manière démocratique en Assemblée, laissant à penser que la position de la Présidence et du Comité de la JSS représente celle de tout-e jeune socialiste suisse alors que tel n’est absolument pas le cas», peut-on lire dans le communiqué publié à Neuchâtel.

Les JSN «condamnent très vivement» les propos tenus dans les médias de dimanche et de lundi par Cédric Wermuth. «De tels propos sont tout à fait déplacés et n’avaient pas lieu d’être : en informant ainsi les médias par des déclarations péremptoires, nous avons une fois de plus l’impression que la Présidence de la JSS cherchait à imposer dictatorialement sa vision des choses à toutes les sections JS de Suisse», poursuit le président des JSN.

Relents nauséabonds du bolchevisme stalinien

Les jeunes socialistes neuchâtelois estiment que la proposition de la direction de la JSS comprend une majorité de mesures inconstitutionnelles, impliquant pour certaines d’entre elles une violation de la liberté de croyance et de conscience, garantie par l’art. 15 de la Constitution fédérale. «En outre, ce texte empeste les relents nauséabonds du bolchevisme stalinien qui prévalait dans l’ex-Union soviétique. En analysant les mesures préconisées, on y trouve même, avec horreur, d’inquiétantes ressemblances avec les lois de Nuremberg, la religion juive ayant simplement été remplacée par la religion chrétienne, voire la religion tout court», ose encore le communiqué des JSN. Qui relève qu’un tel texte va diamétralement à l’opposé des valeurs de tolérance, d’ouverture, de respect, de liberté et de solidarité que prônent les JSN. Elles prennent fermement leurs distances d’avec la direction des JSS et se disent outrés à l’idée qu’elles puissent être assimilées à la JSS en ce qui concerne ce type d’opinions.

Démission du Comité directeur demandée

Les JSN se demande quelle mouche a piqué le Comité directeur de la JSS de vouloir s’attaquer de front à la religion ainsi qu’à des fondements de notre Etat de droit, et ceci «en pleine période de crise, alors que dans le canton de Neuchâtel, il y a chaque jours de nouveaux licenciements dans nos entreprises, que le revenu disponible des salariés et des familles est en chute libre, que les primes d’assurances maladie atteignent des sommets inégalés, que le nombre de personnes devant recourir à l’aide sociale explose et que nos assurances sociales sont menacées de toute part». Et de se demander si la JSS n’a rien trouvé de plus urgent à faire que de s’attaquer à la religion et plus particulièrement à la liberté de croyance des plus de 5,5 millions de Suisse qui sont de confession chrétienne…

Dans leur lettre, les Jeunes Socialistes Neuchâtelois demandent officiellement à la Présidence et au Comité directeur de la JSS de retirer leur papier sur la religion dans les 7 jours, à savoir jusqu’au 13 octobre, et de proposer à la place un autre papier sur l’une des thématiques bien plus urgentes qu’elles ont évoquées. «Si rien n’est entrepris à l’échéance de ce délai, les Jeunes Socialistes Neuchâtelois considéreront que la Présidence et le Comité directeur de la JSS ne sont plus aptes à assumer les responsabilités qui leur incombent à la tête de la JSS et réclameront alors leur démission en bloc».

Et si la Présidence et le Comité directeur de la JSS persistaient à vouloir faire adopter ce brûlot lors de l’Assemblée du 24 octobre, «les Jeunes Socialistes Neuchâtelois ne pourront plus se reconnaître dans les actions et positions de la JSS et décideront par conséquent de faire sécession de la JSS». JB/Com

Encadré

Quelques extraits de la prose du Comité directeur de la JSS

«Il est nécessaire de se souvenir que les libertés individuelles, aujourd’hui garanties par l’Etat et la démocratie citoyenne, ont été conquises de haute lutte contre les forces réactionnaires, auxquelles appartiennent les Eglises chrétiennes. Ces Eglises n’ont pas seulement exploité une grande partie de la population pendant des siècles: elles ont également prétendu exercer un contrôle et décréter ce qui était bien ou mal dans tous les domaines de la vie. En faisant miroiter aux opprimé-e-s un au-delà meilleur après une vie de souffrance, elles ont tenté d’occulter la réalité des oppositions de classe. Les Eglises ont imposé à des sociétés entières des normes et des lois qui n’ont jamais été légitimées par la population. De nos jours, les religions institutionnalisées n’ont guère changé: prêtres, imams ou rabbins ne font jamais que prêcher la même chose, justifiant leur pouvoir sur les autres citoyenne-s en se réclamant de lois ’divines’ nécessairement anti-démocratiques. Si la religion n’est évidemment pas la seule instance à exercer une pression illégitime sur les individus (dans le cadre familial ou dans le monde professionnel, par ex.), les Eglises, quelle qu’en soit la confession, restent de par leur structure et leur discours une force particulièrement influente et conservatrice. Farouches opposantes aux libertés individuelles, les Eglises, appuyées par les milieux réactionnaires, ont depuis toujours tenté de retarder les avancées dans le domaine de la politique sociale (…)» Le texte se trouve sous: www.juso.ch/fr (apic/be)

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