Controverse au sujet de la décision de Mgr Piotr Libera, évêque de Plock
Varsovie, 6 octobre 2009 (Apic) Un évêque catholique de Pologne a excommunié un journaliste qui avait réalisé l’enregistrement d’une confession à l’église afin de publier un article sur les abus sexuels commis par des prêtres.
« Le sacrement de pénitence et de réconciliation nécessite d’être bien compris et exige le plus grand des respects », a déclaré Piotr Libera, évêque de Plock, cité par l’Agence œcuménique ENI.
« Toute profanation de ce caractère sacré mérite une condamnation sévère et inconditionnelle. Utiliser le sacrement pour un jeu malhonnête, cynique et fourbe visant à frapper le confesseur est comparable au fait de lever la main sur le Saint Sacrement. »
L’évêque de 58 ans réagissait à l’article publié dans l’hebdomadaire anticlérical polonais Fakty i Mity (Faits et mythes), qui couvre depuis son lancement en 2000 par Roman Kotlinski, un ancien prêtre, les allégations de corruption au sein de l’Eglise catholique dans le pays.
Le journal affirme que, par son article controversé, il tentait de déterminer comment l’Eglise polonaise réagit aux assurances faites par le Vatican que les prêtres pédophiles seraient mis hors d’état de nuire. Le journal a ajouté que son reporter, se faisant passer pour un moine, avait demandé de se confesser dans une paroisse de Sonsk début septembre. Il avait déclaré au curé qu’il avait abusé d’une jeune fille lors d’un camp de vacances au bord de la mer avec un groupe de jeunes catholiques.
Dans l’article, on peut lire que le curé a absous le faux moine sans lui demander quoi que ce soit au sujet de la victime, sans même lui parler de dédommagements, et lui a dit de lire Psaumes 131 en pénitence.
« Il a été ainsi démontré que cette institution divine, qui condamne l’usage du dictaphone, ne punit même pas le mal fait aux plus vulnérables », lit-on dans l’éditorial du journal.
Dans un communiqué publié sur le site web de son diocèse, l’évêque Libera a indiqué qu’un décret de 1988 de la Congrégation pour la doctrine de la foi, au Vatican, imposait l’excommunication automatique pour l’enregistrement et la publication du contenu d’une confession, ajoutant que son Eglise « censure sans équivoque » les actes qui « par leur nature frappent en son cœur même. »
Cependant, l’hebdomadaire a accusé l’évêque de « commettre un impair », ajoutant que le journaliste, lui-même un ancien prêtre catholique, ne pouvait être excommunié étant donné qu’il n’appartenait plus à l’Eglise.
« Le secret du confessionnal ne s’applique qu’au confesseur ; les pénitents peuvent parler comme ils l’entendent de la confession sans aucune sanction canonique », a indiqué Faky i Mity dans un article le 2 octobre. « L’Eglise cherche à protéger ses prêtres et fait en sorte que les traditions archaïques ne soient pas compromises, concevant des peines pour quiconque tente de dévoiler et de rendre publiques ses absurdités. »
D’éminents catholiques, notamment le porte-parole des droits des enfants dans le pays, ont exhorté l’Eglise en Pologne à mettre en place des procédures pour répondre aux accusations d’abus sexuels, qui étaient le sujet de directives du Vatican de 2001.
Dans son communiqué, l’évêque Libera a déclaré qu’il demandait aux prêtres recevant les confessions de faire preuve d’une « vigilance accrue vis-à-vis des tentatives d’approches déloyales dans le confessionnal, par des individus non seulement peu disposées à admettre sincèrement leurs péchés, mais aussi très éloignés de l’Eglise et du Christ ».
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse
https://www.cath.ch/newsf/controverse-au-sujet-de-la-decision-de-mgr-piotr-libera-eveque-de-plock/