France: Une trentaine d’abbés bénédictins se réunissent: les enjeux du web en toile de fond

Internet déplace les murs des monastères

Bec-Hellouin, 7 octobre 2009 (Apic) Une trentaine d’abbés bénédictins se réuniront les 8 et 9 octobre au Bec-Hellouin (Eure), en France, afin de réfléchir aux enjeux du web pour la vie contemplative, indique le site de « La Croix ».

« La révolution est considérable », observe le dominicain Lionel Gentric. « Internet ouvre potentiellement toutes les portes, traverse toutes les grilles… » C’est à ces profonds changements que les abbés de tradition bénédictine ont décidé de consacrer une session, les 8 et 9 octobre à l’abbaye du Bec-Hellouin. À ce jour, seuls 25 couvents féminins sur les 270 que compte la France sont encore réfractaires au Web.

Courrier, vente en ligne de produits artisanaux, hôtellerie, économat… Internet s’est en effet imposé comme un outil indispensable du quotidien des monastères. Reste que le souci des moines se situe dans l’arrivée d’un média qui bouscule le rythme monastique et crée de nouvelles dépendances. « Cela démange plus d’un frère d’aller voir les résultats juste après un match de football… », témoigne un abbé.

Certains ont choisi de verrouiller le système. Comme l’abbaye cistercienne de Sept-Fons, où le moine demandera de pouvoir accéder à un site comme on demande un livre dans une bibliothèque publique.

À Maylis, un serveur central effectue une séparation entre les courriels et le Web : certains – responsables ou formateurs – reçoivent leur courrier électronique dans leur cellule mais, pour surfer, il faut aller dans la salle communautaire.

Selon « La Croix », la question est encore plus brûlante pour les nouvelles générations de moines, nés dans la culture numérique. L’auteur de l’article, Céline Hoyeau relève qu’avec internet, la vie monastique semblent relever de deux logiques contradictoires, avant de citer le Père Gentric, « cela ne fait que révéler les contradictions internes qui nous habitent. Notre désir de mener une vie authentiquement religieuse entre toujours en contradiction avec d’autres aspirations en nous : créer toujours plus de liens par peur de la solitude, consommer toujours plus par peur de manquer… La culture Internet agit comme un révélateur ».

« Je me suis rendu compte que souvent, le vrai danger n’était pas ce que je craignais, au niveau moral par exemple, mais l’imposition sournoise d’un nouveau rythme de communications et de relations qui se glisse comme une poussière fine dans le souffle du temps monastique », analyse pour sa part Dom Mauro-Giuseppe Lepori, abbé cistercien d’Hauterive, en Suisse, cité par « La Croix ». (apic/cx/ch/pr)

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