Malawi: Graves accusations portées contre Justice et Paix du Malawi

La commission est accusée de corruption par une société minière

Blantyre, 8 octobre 2009 (Apic) La Commission catholique justice et la paix (CCJP) du Malawi a rejeté les accusations lancées par la société Paladin Energy, qui exploite des mines d’uranium dans ce pays d’Afrique australe, selon lesquelles elle aurait reçu des pots-de-vin de groupes étrangers afin de s’opposer à l’extraction du minerai.

Le directeur de Paladin pour le Malawi, Neville Huxham, cité par l’Agence œcuménique ENI, a affirmé à une commission parlementaire sur la santé et la population le 1er octobre que la CCJP et une autre organisation de défense des droits de la personne, Citizens for Justice (citoyens pour la justice), ont reçu 49 millions de kwachas malawiens (230’000 euros) de la part d’organisations occidentales s’opposant à l’usage de l’uranium en tant que source d’énergie. Il n’a pas mentionné le nom de ces organisations, mais selon lui l’argent était destiné à être utilisé dans une campagne contre l’extraction d’uranium.

« En attaquant Paladin, la CCJP et Citizens for Justice s’en prennent à la réputation du gouvernement, car c’est lui qui nous a donné l’autorisation d’extraire de l’uranium dans le pays », a déclaré Neville Huxham à la commission parlementaire.

Le président de la Commission catholique, Charles Chinula, a toutefois affirmé à depuis le district de Karonga, où Paladin extrait le minerai d’uranium, que la Commission n’a jamais reçu d’argent pour attaquer l’entreprise australienne.

« Oui, nous recevons des fonds de la part de Catholic Relief Services pour mener à bien nos programmes dans le pays, l’un d’entre eux étant de surveiller l’extraction de l’uranium à Kayelekera », a déclaré Charles Chinula. « Ce financement n’est pas un secret. En tant qu’organisation de la société civile, nous voulons veiller à ce que l’extraction d’uranium se fasse en toute sécurité et qu’elle soit réglementée. »

Charles Chinula a expliqué que son organisation s’inquiète du fait que Paladin semble faire machine arrière concernant les engagements sociaux pris envers les habitants de Karonga, où la mine est exploitée. Selon lui, il existe dans la région des preuves que Paladin ne fait pas assez pour protéger les sources d’eau des dépôts d’uranium.

« Nous devons exprimer nos préoccupations. Nous ne pouvons permettre une situation qui leur donne carte-blanche pour exploiter cette mine comme ils l’entendent. Nous avons pour obligation de protéger la population des matières radioactives. L’extraction de l’uranium est une entreprise à risque et elle doit être réalisée de façon réglementée », a déclaré Charles Chinula.

Cependant, Neville Huxham a affirmé à la commission parlementaire que l’extraction d’uranium au Malawi n’est pas dangereuse parce que, dans ce pays, le minerai d’uranium est à basse teneur. La mine d’uranium de Kayelekera, qui devrait théoriquement permettre au Malawi d’engranger 45 millions de dollars en impôts et redevances chaque année, a été mise en service le 17 avril. (apic/eni/pr)

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