Canada: Une organisation musulmane canadienne appelle à l’interdiction de la burqa
Toronto, 14 octobre 2009 (Apic) Une organisation musulmane opposée à l’application de la charia – la loi islamique – au Canada appelle le gouvernement fédéral à interdire le port de la burqa en public, affirmant que ce vêtement « marginalise les femmes ».
Outre la burqa, un voile qui recouvre l’intégralité du corps et qui ne prévoit qu’un grillage pour les yeux, le Congrès musulman canadien (CMC) appelle par ailleurs à l’interdiction du niqab, un tissu recouvrant la tête et le visage pour ne laisser qu’un mince espace au niveau des yeux.
Le CMC affirme que ces vêtements ne sont pas imposés par l’islam, ni par son livre saint, le Coran. L’interdiction proposée ne concernerait pas le hijab, le voile qui ne recouvre que les cheveux et qui est souvent porté par les femmes musulmanes.
« Au Canada, nous reconnaissons l’égalité entre les hommes et les femmes », a déclaré Farzana Hassan, une porte-parole du CMC. « Nous voulons reconnaître l’égalité des sexes comme quelque chose d’absolu. La burqa marginalise les femmes. »
La question concerne également la sécurité publique, a affirmé Farzana Hassan, soulignant que « couvrir son visage, c’est dissimuler son identité. »
Selon le Congrès musulman, bien que le Coran appelle à la modestie, celle-ci peut se traduire de différentes manières. La demande du CMC intervient alors que les plus hautes autorités musulmanes d’Egypte ont interdit de se couvrir le visage en classe et dans les dortoirs d’une école islamique sunnite. Des interdictions similaires ont été à l’étude dans différents pays européens, notamment au Danemark, en Italie et en France.
Selon son mandat, le Congrès musulman canadien croit en « une société progressiste, libre, pluraliste, démocratique et laïque, où chacun jouit de la liberté de religion. »
Une autre organisation musulmane a cependant affirmé que la burqa est une question mineure au Canada, puisque seule une minorité de musulmanes la porte, mais que le droit de porter les vêtements que l’on souhaite est garanti par la Charte canadienne des droits et libertés.
« Nous vivons dans un pays libre, dans lequel les gens choisissent ce qu’ils veulent porter », a déclaré Zijad Delic, directeur exécutif au niveau national du Congrès islamique canadien. « C’est leur propre choix. »
En 2008, un juge de Toronto avait ordonné à une femme d’enlever son niqab pendant qu’elle témoignait contre l’auteur présumé de son viol, après avoir établi que la croyance religieuse de cette femme n’était « pas si forte ». La femme a interjeté appel et la décision est désormais entre les mains de la Cour d’appel de l’Ontario.
Selon le recensement de 2001 au Canada, le pays compterait 580’000 musulmans. (apic/eni/pr)
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