Le Saint-Siège et l’Ukraine espèrent améliorer leurs relations
Rome, 16 octobre 2009 (Apic) La visite au Vatican du premier ministre ukrainien, le 16 octobre, a été l’occasion d’évoquer des «questions d’intérêt commun dans les rapports entre les autorités civiles et religieuses» en Ukraine. Venue à Rome pour rencontrer Benoît XVI, Ioulia Timochenko s’est aussi entretenu avec le cardinal secrétaire d’Etat Tarciso Bertone et le secrétaire pour les relations avec les Etats, Mgr Dominique Mamberti.
Le premier ministre ukrainien et ses hôtes au Vatican ont abordé, comme cela avait déjà été le cas quelques mois plus tôt lors de la rencontre entre le président Viktor Iouchtchenko et les autorités vaticanes, «les questions d’intérêt commun concernant les rapports entre les autorités civiles et religieuses. Ils ont souhaité que les derniers développements positifs» aident à trouver une «solution» aux «questions qui restent à résoudre», a rapporté peu après un communiqué du Bureau de presse du Saint-Siège.
Ces «questions» font sans doute référence à celles, délicates, de l’Eglise gréco-catholique, dite uniate, une institution particulière qui, tout en dépendant de l’Eglise romaine, conserve des traits communs avec les orthodoxes tels que l’utilisation de la liturgie byzantine et la possibilité pour les hommes mariés de devenir prêtres. Une autre question est en suspens, celle du projet de création d’un patriarcat uniate en Ukraine, qui fait l’objet de controverses tant chez les catholiques que dans l’Eglise orthodoxe.
A l’inverse, les «derniers développements positifs» se réfèrent probablement à la visite au Vatican du président ukrainien Viktor Iouchtchenko, le 1er juin 2009. «La volonté de trouver des solutions aux questions encore ouvertes entre l’Etat et l’Eglise» avait en effet déjà été au centre des échanges.
Les entretiens entre Ioulia Timochenko et les autorités vaticanes ont aussi porté sur «la contribution que l’Eglise catholique, des deux rites (romain et uniate, ndlr), offre à la société ukrainienne, particulièrement dans le domaine de l’éducation et dans la diffusion des valeurs humaines et chrétiennes». Enfin, il a aussi été question de «la promotion de la paix» et de «la collaboration internationale, spécialement en Europe». Peu avant son arrivée au Vatican, Ioulia Timochenko avait affirmé qu’elle demanderait le soutien du pape pour l’entrée de l’Ukraine dans l’Union européenne.
Dans la bibliothèque du 2e étage du palais apostolique, Benoît XVI et le chef du gouvernement ukrainien se sont entretenus pendant 25 minutes, aidés par deux interprètes. Ioulia Timochenko a ensuite présenté au pape les 5 personnes qui l’accompagnaient, dont Hryhorij Nemyria, vice-premier ministre, et Tetiana Izhevska, ambassadeur d’Ukraine près le Saint-Siège. Lors du traditionnel échange de cadeaux, le premier ministre a offert à Benoît XVI un fac-similé d’un ouvrage du 12e siècle contenant les Actes des Apôtres. Ioulia Timochenko a reçu de Benoît XVI un stylo plume représentant une colonnade du baldaquin de la basilique Saint-Pierre, à utiliser en cas de «signature solennelle» selon le pape.
Figure de proue de la ›Révolution orange’ de 2004, femme d’affaire, Ioulia Timochenko fut nommée premier ministre par le président Ioutchenko en février 2005, puis limogée quelques mois plus tard après une série de démissions au sein de son gouvernement. Son parti, ›Notre Ukraine’, arriva ensuite en 2e position aux élections législatives de septembre 2007. Le Parlement entérina alors la nomination à la tête du gouvernement, en décembre de la même année, de cette femme reconnaissable à sa célèbre natte tressée en forme de couronne.
Les catholiques romains sont largement minoritaires en Ukraine, où 8% de la population appartient au rite uniate, gréco-catholique. Le reste de la population est majoritairement orthodoxe avec 50 % des habitants rattachés au Patriarcat de Kiev et près de 25 % au Patriarcat de Moscou. L’Eglise orthodoxe autocéphale accueille quant à elle 7 % de la population. (apic/imedia/cp/bb)
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