Inde: Chrétiens mécontents des verdicts rendus après les violences à Kandhamal

Trois personnes acquittées, par manque de preuves

Bangalore, 21 octobre 2009 (Apic) Les chrétiens en Inde se disent mécontents des verdicts rendus après les violences. Il s’étaient pourtant réjouis lorsqu’un tribunal spécial jugeant des affaires de violences antichrétiennes dans le district agité de Kandhamal, dans l’Etat indien de l’Orissa, avait condamné à des peines de prison à vie les personnes accusées du meurtre d’un pasteur.

Cependant, la joie qu’a suscité le verdict rendu le 23 septembre à l’encontre des cinq personnes accusées d’avoir poignardé à mort le pasteur Akbar Digal à Sulesaru en 2008 a fait long feu.

Le jour suivant, en raison d’un manque de preuves, la même cour a acquitté trois personnes accusées du meurtre du chrétien Kantheswar Digal.

Parmi les acquittés se trouvent Manoj Pradhan, qui a été élu au Parlement de l’Orissa – un Etat de l’Est de l’Inde – sous l’étiquette du parti pro-hindou Bharatiya Janata (BJP), alors qu’il se trouvait en prison dans l’attente de son procès. Manoj Pradhan pourrait encore comparaître pour sa participation présumée à d’autres meurtres de chrétiens.

«Nous sommes très heureux que la loi commence enfin à rattraper les coupables. Mais le second verdict est très décevant», a déclaré à ENI l’archevêque catholique Raphael Cheenath, de Bhubaneswar, dont la juridiction couvre la région de Kandhamal.

Plus de 50’000 chrétiens du district de Kandhamal se sont retrouvés sans toit après l’assassinat, en août 2008, de Swami Lakshmanananda Saraswati dans la région. Des rebelles maoïstes ont revendiqué l’assassinat de ce moine hindou qui menait une campagne hargneuse contre les conversions au christianisme. Les extrémistes hindous ont cependant affirmé que l’assassinat était le résultat d’une conspiration chrétienne.

Confronté aux critiques pour ne pas avoir su mettre un frein au carnage, le gouvernement de l’Orissa a mis en place deux tribunaux spéciaux pour juger en urgence les événements qui ont eu lieu dans le district de Kandhamal. La police n’a arrêté que moins de 650 personnes sur les 11’350 citées dans 800 affaires pénales.

En juillet, l’un des tribunaux a acquitté 16 personnes accusées d’avoir fait partie d’une bande d’hindous ayant incendié le commissariat de police de Gochhapada et tué un agent de police. D’autres policiers ont fui la région en septembre 2008 pendant les violences antichrétiennes.

Rajendra Digal, fils de Kantheswar Digal, a affirmé que plusieurs témoins dans l’affaire du meurtre de son père ont reçu des menaces lorsqu’ils sont venus témoigner au tribunal. (apic/eni/pr)

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