Rome: Benoît XVI demeure préoccupé par « l’unité », soutient le cardinal Bertone
Rome, 22 octobre 2009 (Apic) Alors que l’Eglise catholique vient d’ouvrir la porte aux anglicans déçus par leur Eglise et s’apprête par ailleurs à entamer un dialogue doctrinal avec les traditionalistes de la Fraternité Saint-Pie X, le cardinal Tarcisio Bertone, secrétaire d’Etat du Saint-Siège, affirme que Benoît XVI demeure préoccupé par «le dialogue œcuménique» et la construction de «l’unité au sein même de l’Eglise catholique».
Dans un entretien accordé à la chaîne de télévision catholique française KTO, le « numéro deux » du Saint-Siège ne cache pas pour autant l’existence de «problèmes» avec le monde protestant.
Interrogé au lendemain de l’annonce par Rome de sa décision d’accueillir les prêtres et fidèles anglicans en rupture avec leur Eglise, le cardinal Tarcisio Bertone soutient que l’unité des chrétiens fait toujours partie des priorités du pontificat de Benoît XVI. Le bras droit du pape énumère alors ces «priorités» : le «dialogue œcuménique», le «dialogue avec les juifs», et celui «avec l’islam».
Au fil de cette longue interview, le cardinal Bertone évoque particulièrement «l’ouverture du pape et le dialogue avec les autorités anglicanes» en vue de créer des structures susceptibles d’accueillir les fidèles anglicans qui souhaitent être rattachés à Rome. En matière d’œcuménisme, le ›numéro deux’ du Vatican reconnaît qu’il y a «naturellement plus d’activités et certaines opinions partagées avec le monde orthodoxe» alors qu’il y a «plus de différences, plus de problèmes avec les protestants». Pour autant, soutient le cardinal Bertone, «le dialogue se poursuit et l’estime de ce pape, théologien, est un fondement pour faire croître ce dialogue et ces rapports».
A l’approche de l’ouverture, le 26 octobre, des discussions doctrinales entre des théologiens de la Commission pontificale Ecclesia Dei et la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X, séparée de Rome depuis 1988, le cardinal Bertone explique par ailleurs que Benoît XVI est poussé par «la nécessité de reconstruire l’unité au sein même de l’Eglise catholique».
Le cardinal Joseph Ratzinger, qui fut chargé au printemps 1988 de conduire les dernières discussions avec Mgr Marcel Lefebvre (1905-1991), connaît «l’aspect problématique de cette scission», explique le cardinal Bertone. «La préoccupation de l’unité, en commençant par le premier cercle, à l’intérieur de l’Eglise catholique, doit être une préoccupation fondamentale du pape qui, par définition, est le constructeur et le garant de l’unité et de la communion dans l’Eglise», soutient encore le cardinal italien. Pour le secrétaire d’Etat du Saint-Siège, «l’autre motif» pour lequel Benoît XVI a tendu la main aux Lefebvristes est sa volonté de «ne pas rompre avec la tradition de l’Eglise, avec un patrimoine qu’il faut connaître, valoriser, qu’il ne faut pas jeter et ne pas laisser dans les bibliothèques». Ainsi, précise le cardinal Bertone, en libéralisant en 2007 la célébration de la messe et l’usage des livres liturgiques selon le rite préconciliaire de 1962, le pape a «cherché à mettre en valeur ce patrimoine, avec des règles bien précises».
Le cardinal Tarcisio Bertone, secrétaire d’Etat du Saint-Siège, a accordé une longue interview à la télévision catholique KTO à l’occasion du 10e anniversaire de cette chaîne française, créée en décembre 1999. (apic/imedia/ami/pr)
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