Londres: Des responsables religieux font pression pour les changements climatiques

L’Alliance des religions et de la conservation part en campagne

Londres, 4 novembre 2009 (Apic) Plus de 200 responsables des principales religions mondiales se sont réunis au château de Windsor, près de Londres, pour une conférence de trois jours visant à alerter les milieux politiques mondiaux sur la nécessité de faire des changements climatiques une priorité de leur ordre du jour.

Le secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, cité par ENI, a déclaré le 3 novembre aux représentants de neuf des principales traditions religieuses mondiales que «les grandes communautés religieuses du monde jouissent d’une position unique pour évoquer le sort de notre planète et des conséquences croissantes des changements climatiques. Vous êtes les responsables ayant la portée la plus grande et l’impact le plus fort.»

La conférence, qui se tient du 2 au 4 novembre, a été organisée par l’Alliance des religions et de la conservation (ARC, www.arcworld.org).

Des responsables de neuf religions – bahaïsme, bouddhisme, christianisme, taoïsme, hindouisme, islam, judaïsme, shintoïsme et sikhisme – affirment proposer des projets pour atténuer les conséquences du réchauffement climatique en appelant leurs fidèles à prendre des mesures concrètes pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.

En présence du prince consort du Royaume-Uni Philip, qui est l’un des fondateurs de l’ARC et l’époux de la reine Elisabeth II, Ban Ki-moon a déclaré : «Nous avons le savoir-faire, nous avons les ressources, mais la seule chose qui manque, c’est la volonté politique. Vous pouvez inspirer, vous pouvez provoquer, vous pouvez interpeller vos dirigeants, au moyen de votre sagesse, à travers vos fidèles.»

«Au départ, la raison pour laquelle l’ONU s’est adressée à l’ARC, c’est qu’elle désespérait en observant les débats portant sur les changements climatiques, notamment concernant les projets pour Copenhague», a déclaré Martin Palmer, secrétaire général de l’ARC, dans une interview accordée à l’Agence œcuménique ENI. «Les anciennes conceptions selon lesquelles la religion relève de la sphère privée et les décisions reviennent essentiellement aux Etats s’effondrent à un rythme effréné.»

Soutenue par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et d’importantes organisations séculières, la conférence a vu la présence de responsables religieux tels que le Sheikh Ali Goma’a, grand mufti d’Egypte, et le maître Huang Xinyang, vice-président de l’Association taoïste de Chine, ont indiqué les organisateurs.

L’ARC est une organisation qui aide les principales religions mondiales à élaborer des programmes environnementaux basés sur leurs propres pratiques et enseignements fondamentaux. Le PNUD travaille en partenariat avec l’ARC et il a été demandé aux responsables religieux de se pencher sur les façons d’élaborer une série d’engagements à long terme en faveur d’une planète vivante, qui façonneraient le comportement et la perspective de leurs fidèles pour les prochaines générations.

«La plupart des gens dans le monde suivent une religion – les religions touchent 85 % des 6,79 milliards d’habitants», a déclaré la porte-parole de l’ARC, Victoria Finlay. Illustrant les efforts réalisés par les Eglises pour faire passer le message, l’Eglise (presbytérienne) d’Ecosse a annoncé le 2 novembre qu’elle avait décidé d’embaucher pour trois ans une personne chargée des changements climatiques. Dans un communiqué, l’Eglise a souligné que dans le Perthshire, à l’est de l’Ecosse, certaines parties d’une église restaurée sont faites de vieilles bottes, de pots de yaourt et de téléphones portables. De plus, sur Papa Westray, une des îles les plus septentrionales de l’Ecosse, un pasteur alimente sa voiture au moyen d’huile de friture recyclée qu’il obtient auprès d’un restaurant de friture. (apic/eni/pr)

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