Congo RDC: Le Parc national Virunga et sa forêt otages des militaires et des rebelles

90% de hippopotames ont disparu: espèces animalières en danger

Kinshasa, 6 novembre 2009 (Apic) Le Parc national de Virunga, en République démocratique du Congo (RDC) est désormais connu dans le monde entier pour les bases de groupes rebelles et de militaires qu’il abrite et non plus pour les exemplaires uniques de mammifères, reptiles et oiseaux qu’il recèle.

Rangé par l’Unesco en 1994 parmi les patrimoines mondiaux en péril, le Parc de Virunga encourt le risque d’être déclassé à la suite de la disparition progressive de sa faune la plus notoire: gorilles et hippopotames, notamment, écrit Véronique Viriglio, de l’Agence Misna à Rome.

Instaurée en 1925 dans l’Est de l’actuelle République Démocratique du Congo, à la frontière du Parc national des Volcans du Rwanda et du Parc national des Monts Rwenzori en Ouganda, cette réserve naturelle, la plus ancienne du continent, couvre une surface de 800’000 hectares où s’étend la chaîne montagneuse des Monts Virunga, située entre le Lac Édouard et le Lac Kivu et formée de huit volcans et d’un glacier, intégrés au Grand Rift est-africain.

De par sa position au cœur de la région des Grands Lacs, le Parc s’est autrefois retrouvé un des champs de bataille de ladite guerre mondiale africaine (1998-2003) qui avait opposé en territoire congolais huit armées du continent et 25 groupes dissidents.

L’Institut congolais pour la Conservation de la Nature (Iccn) a constaté dans le parc ces dernières années la disparition de 90% de ses hippopotames (il n’en reste actuellement que 300 exemplaires, contre 27’000 qu’ils étaient en 1970), éléphants et gorilles. Cette situation est imputée à la présence de groupes armés locaux et étrangers, qui s’adonnent à des actes de braconnage et de déboisement, en liaison le plus souvent avec les trafics internationaux.

L’Iccn fait par ailleurs état de la mort, à la suite de fusillades et d’embuscades, de 130 gardes forestiers sur les 650 préposés à la surveillance de la réserve. Dans une récente interview reprise par le site MediaCongo.net, le directeur du parc, Emmanuel de Mérode, avertit qu’en cas de déclassement du Virunga par l’Unesco, certains donateurs, comme l’Union européenne, risquent de réduire les aides qu’ils destinent à la protection et au développement de la réserve et de ses populations.

L’Iccn a été contraint de cibler son action, à l’unisson des propos de De Mérode, qui constate que «la méthode policière pour lutter contre la dévastation forestière n’a pas porté ses fruits, bien au contraire».

L’exploitation des forêts a elle aussi connu une accélération anarchique pendant les guerres qui ont sévi dans le pays (1996-2003). La contribution des forêts congolaises est significative dans la lutte contre le réchauffement mondial – le pays représente en effet le second poumon de la planète, derrière l’Amazonie, avec une étendue de 145 millions d’hectares –.

Interrogé par l’auteure de l’article de Misna, le Père Joseph rappelle que la nature est cruciale pour les nombreuses populations de la région et notamment les pygmées : «C’est la forêt – souligne le missionnaire – qui assure leur sécurité alimentaire. La déforestation les exposera à long terme au risque d’extinction». (apic/misna/pr)

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