Lettre commune de la KEK et du CCEE aux Eglises d’Europe
St-Gall/Genève, 9 novembre 2009 (Apic) Les Eglises chrétiennes d’Europe réagissent ensemble face aux changements climatiques qui affectent dangereusement la planète. Dans une lettre ouverte, la Conférence des Eglises européennes (KEK) et le Conseil des Conférences épiscopales d’Europe (CCEE) font part de leurs préoccupations, affirmant que ce problème doit être affronté en commun. Pour les Eglises européennes, «le changement climatique est une question qui nous concerne toutes et tous… Il affecte la vie de la planète tout entière. La terre et tous ses écosystèmes sont un don précieux que nous avons reçu de Dieu».
Face aux crises mondiales, qu’elles soient économiques, écologiques ou autres, «nous sommes appelés à vivre d’une manière qui manifeste notre foi et notre espérance, l’amour que nous portons à Dieu, et notre respect à l’égard de toute la création de Dieu», écrivent les Eglises. Dans un monde aux ressources naturelles limitées, elles demandent que l’on s’engage à promouvoir «un style de vie qui prévienne tout usage abusif des dons de Dieu dans la création et encourage une bonne intendance de tout ce que Dieu nous a donné dans la création». Dans cette perspective, elles demandent à la population de réduire sa dépendance à l’égard d’une consommation d’énergie croissante, en particulier d’énergie d’origine fossile.
Les pays industrialisés doivent prendre la tête de ces efforts, notamment du fait de leur responsabilité dans l’accumulation, depuis des décennies, de gaz à effet de serre (GES) dans l’atmosphère terrestre. L’effet cumulatif de ces GES est l’un des nombreux défis qu’il faut absolument relever au niveau des décisions politiques, et met aussi la population en demeure de modifier son comportement dans la vie quotidienne, en tant que communautés et individus.
Lors de la prochaine Conférence des Nations Unies sur le changement climatique qui se déroulera du 7 au 18 décembre prochain à Copenhague, «d’importantes décisions seront prises qui influenceront de nombreux aspects de notre vie, maintenant et dans un avenir proche», rappellent la KEK et le CCEE. A l’instar de nombreuses autres Eglises en Europe, ces deux rassemblements ont la conviction que les questions discutées à cette conférence et les défis auxquels la population est confrontée ne concernent pas seulement les aspects techniques du changement climatique. Pour les Eglises, «l’éthique, la culture, la foi et la religion sont des éléments essentiels de notre style de vie qui doivent être pris en compte si nous voulons véritablement nous attaquer efficacement au problème du changement climatique et garantir un développement humain intégral».
Les Eglises affirment encore que seule «une écologie humaine authentique, considérant non seulement nos droits mais aussi nos responsabilités les uns à l’égard des autres et envers les générations futures, nous donnera les moyens de mieux prendre soin de l’environnement». Elles sont d’avis que l’Union Européenne doit intensifier ses efforts pour mettre en évidence la responsabilité commune des pays membres de lutter contre le changement climatique. Elles encouragent les Eglises et les chrétiens et chrétiennes d’Europe à prendre, dans les semaines à venir, des mesures appropriées pour faire face au défi du changement climatique.
Concrètement, elles incitent les citoyens à prendre contact avec leurs gouvernements respectifs et à les inviter à faire preuve d’une générosité courageuse en prenant des mesures énergiques pour atténuer les effets du changement climatique et s’y adapter. «L’impact de la crise économique ne doit pas être une excuse pour éviter d’agir concrètement en faveur de la protection de l’environnement». La KEK et le CCEE encouragent également les Eglises d’Europe à noter que le défi du changement climatique est une question de justice. «Les personnes qui ont contribué le moins au problème du changement climatique parce qu’elles vivent dans des régions moins développées et moins industrialisées sont les premières à en subir les effets».
La KEK et le CCEE encouragent aussi les Eglises à soutenir les initiatives d’économies d’énergie, à promouvoir les énergies renouvelables, à s’attaquer aux effets négatifs du changement climatique et à former les esprits à la responsabilité écologique «dans la perspective d’une écologie humaine authentique».
Le dimanche 13 décembre 2009, un service oecuménique sera célébré à la cathédrale luthérienne de Copenhague, dans le cadre de la Conférence des Nations Unies sur le changement climatique. A 15h00, les cloches des églises du Danemark sonneront et tous les chrétiens dans le monde seront invités à leur faire écho en faisant sonner leurs propres cloches 350 fois à 15h00, heure locale. (Cf. www.bellringing350.org). L’initiative envisage une chaîne de carillons et de prières s’étendant dans le temps depuis les îles Fidji dans le Pacifique Sud – là où la journée commence et où les effets du changement climatique sont déjà perceptibles aujourd’hui – jusqu’à l’Europe du Nord, et à travers le reste du monde. Le CCEE et la KEK, en étroite coopération avec le Réseau environnemental chrétien européen (ECEN), ont la volonté de suivre attentivement l’évolution de la situation, précisent les deux rassemblements d’Eglises dans leur communiqué émanant de St-Gall et de Genève, signé par leur secrétaires respectifs, le Père Duarte da Cunha, secrétaire général du CCEE, et le vénérable Colin Williams, secrétaire général de la KEK. (apic/com/be)
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