France: Dossier de l’hebdomadaire chrétien « Pèlerin » sur l’avenir des ressources en Eglise
Paris, 10 novembre 2009 (Apic) Depuis la séparation d’avec l’Etat en 1905, l’Eglise catholique en France ne reçoit aucune subvention directe, si ce n’est en Alsace-Moselle, sous régime concordataire (*), pour payer ses milliers de prêtres et laïcs salariés. Quel est l’avenir des ressources de l’Eglise, se demande l’hebdomadaire chrétien français « Pèlerin ».
L’argent ne tombe pas du ciel. Face au déclin de la religion dans la société et au vieillissement de la population, qu’en est-il de l’avenir du denier de l’Eglise, une de ses ressources stratégiques? Risque-t-on un essoufflement mécanique et structurel du don au denier de l’Eglise ? Le magazine chrétien français « Pèlerin » a mené l’enquête en s’appuyant sur un sondage exclusif TNS-Sofres-Logica pour « Pèlerin » et « Via Magnificat ».
Selon les résultats, concernant l’attitude de don des Français et des catholiques, ces derniers (qui représentent 57 % de la population française) se distinguent peu de l’ensemble des Français. Sauf pour le denier qu’ils sont 21 % à verser (contre 67 % pour les pratiquants réguliers et 13 % pour l’ensemble des Français). En revanche, les pratiquants réguliers sont champions de France toutes catégories pour les dons qu’ils font tous azimuts. 82 % d’entre eux sont donateurs au moins à une œuvre ou association. 42 % des Français disent donner au moins une fois par an à une organisation à caractère religieux ou non religieux et 47 % des catholiques déclarent faire de même.
Concernant les motivations du don au denier de l’Eglise, le sondage permet de vérifier l’extrême diversité des motivations des donateurs au denier. 35 % donnent pour soutenir la présence de l’Eglise dans leur région. La majorité des catholiques qui ne donnent pas au denier mettent en avant la priorité donnée aux solidarités familiales (35 %). Le deuxième obstacle au don tient au manque de moyens. Pour les pratiquants réguliers, c’est même l’obstacle le plus important, évoqué par une personne sur deux (51 %).
En troisième position vient « la prise de distance avec la religion » de 20 % des catholiques déclarés. S’ajoutent les 12 % qui se disent « déçus par l’Eglise ». En revanche, deux obstacles au don sont susceptibles d’être levés. 18 % des pratiquants réguliers disent leur défiance vis-à-vis de la gestion du denier. Un peu plus de transparence aiderait ! De même, 18 % des pratiquants occasionnels disent n’être tout simplement pas sollicités.
D’une manière générale, les pratiquants réguliers ont une image positive de l’Eglise, même s’ils restent sceptiques sur l’affirmation d’un « renouveau spirituel en France ». Les Français qui se déclarent catholiques (57 % de la population) en ont, eux, une image plutôt négative. A part le bon état des lieux de culte (73 %), aucun critère positif ne reçoit l’assentiment d’une majorité d’entre eux. Mais les pistes d’optimisation sont nombreuses pour peu que l’Eglise ait envie de changer d’image.
A propos de l’utilisation du denier de l’Eglise, les réponses varient peu d’un groupe à l’autre. Elles ne reflètent pas la « réalité » de l’affectation des dépenses par les diocèses, mais la manière dont est pressentie cette affectation. Néanmoins, les catholiques pratiquants réguliers se montrent plus sensibles à l’utilisation du denier de l’Eglise pour assurer la vie matérielle et la formation des prêtres (37 %,contre 26 % pour les catholiques dans leur ensemble).
Pour l’avenir, un gros tiers des pratiquants réguliers (35 %) et un cinquième des pratiquants occasionnels (21 %) actuellement non donateurs se disent prêts à passer à l’acte si on lève leurs réticences. Le sondage a été par l’institut TNS-Sofres-Logica du 9 au 10 septembre et du 25 au 28 septembre 2009 auprès d’un échantillon final de 1’986 personnes représentatif de l’ensemble de la population âgée de 18 ans et plus, interrogées en face à face à leur domicile par le réseau des enquêteurs de TNS Sofres, en deux vagues d’enquêtes successives. La représentativité de chaque échantillon est assurée par la méthode des quotas et stratification par région et catégorie d’agglomération. COM/JB
(*) Le régime concordataire est un élément du droit local alsacien et mosellan. Il reconnaît et organise les cultes catholique, luthérien, réformé et israélite, connaissant contrairement au reste de la France, une séparation incomplète des Eglises et de l’Etat. Il est issu du Concordat de 1801 signé par Napoléon Bonaparte, n’ayant été abrogé ni par l’annexion allemande en 1870 ni par le retour des trois départements au sein de la République française en 1919. (apic/com/be)
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