Inde: Nouvelle profanation d’une église au Karnataka

L’inaction du gouvernement dénoncée par l’archevêque de Bangalore

New Delhi, 10 novembre 2009 (Apic) Nouvelle profanation d’une église au Karnataka, en Inde, dans le prolongement d’une série d’attaques anti-chrétiennes. L’archevêque de Bangalore dénonce l’inaction du gouvernement, indique mardi Eglises d’Asie.

Dans la nuit du samedi 7 novembre, l’église catholique Saint-Anthony à Kavalbyrasandra, dans la banlieue de Bangalore, a été vandalisée et profanée. Le sacristain a découvert le saccage en ouvrant l’église pour préparer la messe dominicale, vers 5 heures du matin, le dimanche 8 novembre.

Selon Eglises d’Asie, le tabernacle avait été fracturé et les hosties jetées à terre, les placards mis à sac, les troncs des offrandes forcés, un calice en or, deux ciboires et d’autres objets liturgiques dérobés. D’après le curé de la paroisse, le Père Arockiadas, l’église, qui compte près de 5’000 paroissiens, venait de rouvrir, le 11 septembre dernier, après des travaux d’agrandissement, et aucun incident ou affrontement avec les communautés non chrétiennes n’avait été rapporté.

L’Etat du Karnataka a subi de très nombreuses attaques d’églises mais aucun coupable n’a jamais été appréhendé, malgré les promesses qui lui ont été faites par les forces de police, s’est indigné Mgr Bernard Moras, archevêque catholique de Bangalore.

Le prélat s’est en effet dit choqué par l’inaction du gouvernement et assure avoir totalement perdu confiance en la police. «Je suis profondément blessé par cette profanation du Saint-Sacrement, qui est au cœur de notre foi», a-t-il ajouté. Il a appelé au calme les paroissiens, qui, au nombre d’un millier environ, s’étaient rassemblés à l’église pour prier. Des forces de police ont patrouillé dans le quartier avec des chiens policiers. Des experts ont cherché à relever des empreintes et des indices.

Le 10 septembre dernier déjà, une autre église avait été vandalisée, alors que les chrétiens du Karnataka s’apprêtaient à commémorer le triste anniversaire des attaques anti-chrétiennes de l’année dernière, perpétrées par des extrémistes hindous. L’église Saint-François de Sales à Hebbagudi, dans la banlieue de Bangalore, avait été forcée en pleine nuit par un groupe d’environ 25 individus non identifiés; une dizaine de vitraux avaient été brisés et les statues d’un calvaire s’élevant devant le sanctuaire avaient été détruites.

Après l’Orissa, épicentre des violences anti-chrétiennes de 2008, l’Etat du Karnataka a en effet été l’un de ceux les plus touchés, avec plus d’une quarantaine de lieux de culte saccagés et de nombreux chrétiens agressés et grièvement blessés. L’inaction, voire la complicité du gouvernement et de la police lors des attaques – des membres des forces de l’ordre ayant été jusqu’à prêter main forte aux agresseurs –, avaient été montrées du doigt, en particulier par Mgr Moras. Comme il l’avait fait avec l’Orissa, le gouvernement fédéral avait alors menacé le Karnataka de reprendre la situation en main si l’Etat se montrait incapable de contrôler les fanatiques hindouistes. La Constitution du pays permet en effet une intervention fédérale si l’un des Etats ne peut plus protéger les droits des citoyens.

Selon les statistiques nationales de 2001, l’Etat du Karnataka compte près de 53 millions d’habitants, en grande majorité hindous, les musulmans représentant environ 12 % de la population et les chrétiens moins de 2 %, subissant régulièrement les attaques des fondamentalistes hindous.

Comme lors de l’attaque de septembre dernier, le ministre de l’Intérieur du Karnataka, V. S. Acharya, membre du BJP, a qualifié la profanation de l’église Saint-Anthony d’»incident mineur». (apic/eda/pr)

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