Prévenir le suicide, l’affaire de tous
Martigny, 11 novembre 2009 (Apic) Une cinquantaine de personnes ont participé, lundi soir 9 novembre à Martigny à une conférence-témoignage sur le thème ’’Tout savoir sur le suicide pour mieux le prévenir’’, donnée par Pierre Satet, auteur français du récent livre ’’Le suicide des adolescents’’ et fondateur de l’association ’’Suicide écouté’.
Invité par l’association valaisanne pour la prévention du suicide (PARSPAS) pour témoigner et partager son expérience après le suicide de son propre fils, Pierre Satet a d’abord montré que le suicide a été toujours condamné par de nombreuses religions dont le christianisme qui, au 4ème siècle, le considérait comme le pire péché impardonnable. Saint-Augustin a écrit dans son livre Cité de Dieu que ››le suicide est le pire péché puisqu’il ne donne pas l’occasion de se repentir’’.
Le conférencier a aussi souligné que suicide a été presque toujours été un sujet tabou, et qui fait peur. Or, ››nul ne peut contester à l’être humain, qui n’a pas choisi l’heure de sa naissance, la liberté de choisir celle de sa mort. Sauf que ce n’est que la décision de ceux qui ont perdu toute liberté’’, lance Pierre Satet, démystifiant au passage les fausses idées reçues sur le suicide. ›’Souvent les gens pensent que le suicide est une maladie, que c’est un choix que la personne en état de déprime grave fait délibérément. Or, le suicidaire, dans son extrême déprime, n’a momentanément aucun choix. Sa souffrance est telle qu’elle le submerge, lui ôte toute option. La seule possibilité qui s’impose pour tuer cette souffrance, c’est de se supprimer. Dans sa déprime la plus grave, il n’a donc aucune capacité de peser le pour et le contre», relève le fondateur de ’’Suicide écouté’.
Une autre idée reçue consiste à dire que celui qui fait plusieurs tentatives de suicide sans y parvenir ne peut pas passer à l’acte. Faux: qu’elle ait fait une seule tentative, deux ou même plusieurs, cette personne est toujours à haut risque, prévient le conférencier. Il faut l’accompagner sans la juger ni la critiquer et être toujours attentif à ce qu’elle fait et dit.
Il ne faut jamais minimiser les déclarations ou les gestes de celui qui ose vous dire ’’Je n’ai pas choisi venir au monde mais je choisirai le temps de partir’’, note l’auteur du ’’suicide des adolescents ’’. Devant de telles déclarations, notre rôle est d’abord celui de l’écoute attentive, puis de l’accompagnement et, si possible, se faire aider par un ami ou un proche qui connaît bien mieux la personne. Car, dit-il, les facteurs déclenchants sont multiples: accumulation d’événements négatifs comme l’échec, la violence, le décès d’un être cher, le divorce…. La prévention du suicide ne devrait donc pas être l’affaire des professionnels, mais celle de tous ’’, souligne Pierre Satet qui regrette le manque de sensibilisation de la population et sa méconnaissance du sujet.
En France, 10 à 11’000 personnes se suicident chaque année et environ 160’000 le tentent. (apic/ts/bb)
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