Boycott des organisations de défense des droits humains
Banjul, 11 novembre 2009 (Apic) Les organisations internationales de défense des droits de l’homme, dont la Fédération internationale de l’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (FIACAT), ont décidé de boycotter pour la première fois une session ordinaire de la Commission africaine des droits de l’Homme et des peuples (CADHP). L’assemblée a lieu au siège de la Commission à Banjul (Gambie) du 11 au 25 novembre.
Les organisations protestent contre de récents propos du président Gambien, Yahya Jammeh, menaçant de tuer tous ceux qui chercheraient à «saboter ou à déstabiliser» son régime, notamment les défenseurs des droits de l’homme et tous ceux qui les soutiennent.
La Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH), l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), la Rencontre africaine pour la défense des droits de l’Homme (RADDHO), l’Union interafricaine des droits de l’Homme (UIDH) et la FIACAT, ont publié un communiqué commun dans lequel elles annoncent leur décision. Le texte est intitulé: «Nous ne participerons pas à la 46e session ordinaire de la Commission africaine des droits de l’Homme et des peuples qui se tient en Gambie».
Le 21 septembre, lors d’une émission diffusée à la télévision et à la radio nationales, le président gambien Yahya Jammeh a menacé de tuer tous ceux qui chercheraient à saboter ou à déstabiliser son gouvernement, notamment les défenseurs des droits de l’Homme et tous ceux qui les soutiennent.
Dans leur communiqué, les ONG déclarent solidairement «qu’il n’est pas acceptable qu’un président de la république menace impunément de porter atteinte à l’intégrité physique des défenseurs des droits de l’Homme». Elles réitèrent leur soutien à une résolution adoptée le 11 octobre par la CADHP, sur la détérioration de la situation des droits de l’homme en Gambie. «Nos organisations sont vivement préoccupées par le contexte fortement hostile dans lequel interviennent les défenseurs des droits de l’homme et les journalistes en Gambie, où les entraves à la liberté d’expression, les arrestations, détentions arbitraires, assassinats et harcèlements judiciaires à leur encontre sont récurrents», ont-elles ajouté.
Elles déplorent «l’absence de changement» d’attitude des autorités gambiennes sur la question des défenseurs depuis la déclaration du président Jammeh, ainsi que le silence de et le manque de réaction publique de l’Union africaine (UA) à ces propos. Elles réclament de fait, le transfert du siège de la CADHP, qui est une institution de l’UA, dans une autre capitale africaine. Elles estiment que «l’hostilité affirmée» du chef de l’état gambien à l’encontre des défenseurs des droits de l’Homme est contraire à l’accord de siège conclu entre l’UA et la Gambie.
Selon le communiqué, même si elles ne participent pas à la 46e session, les organisations signataires suivront «avec attention», les conclusions et recommandations qui seront adoptées à la fin des travaux. La CADHP demeure pour celles-ci, une instance fondamentale pour la protection et la promotion des droits de l’Homme sur le continent africain. (apic/ibc/bb)
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