Afrique du Sud: Professeurs de religion et «libres-penseurs» s’opposent à nouveau
Johannesburg, 11 novembre 2009 (Apic) La tension monte une nouvelle fois en Afrique du Sud entre les «libres-penseurs», qui s’opposent à l’instruction religieuse dans les écoles, et les chrétiens engagés, qui soutiennent cet enseignement, rapporte l’Agence œcuménique ENI.
En septembre, l’organisation antireligieuse et pro-science, Sceptic South Africa, avait déclaré vouloir poursuivre en justice des écoles qui, selon elle, exposaient les élèves à des pratiques chrétiennes sans le consentement de leurs parents. Plus tard, l’organisation s’est toutefois rétractée sans donner d’explications.
Une organisation dénommée Afrikaanse Vrydenkersbeweging (AVB, Mouvement des libres-penseurs afrikaners) s’est par la suite engagée à surveiller les écoles.
Les Afrikaners, qui constituent la majorité de la minorité blanche autrefois au pouvoir en Afrique du Sud, avaient la réputation d’entretenir la pratique calviniste, mais depuis la chute de l’apartheid, leur profil religieux semble avoir volé en éclats.
L’AVB a indiqué qu’il s’efforcerait de déterminer quelles sont les écoles qui transgressent la Constitution nationale, qui permet l’instruction religieuse à l’école mais selon laquelle toutes les religions doivent être abordées et les cours doivent être optionnels. L’organisation de libres-penseurs a par ailleurs fait savoir qu’elle s’appuierait aussi sur la ligne de conduite du gouvernement en matière de scolarité.
Celle-ci précise que «les écoles n’ont pas le droit de diffuser des prières par haut-parleur pendant les cours … étant donné que les élèves n’y participent ainsi ni volontairement ni sans pression», a déclaré Hans Pietersen, porte-parole de l’AVB.
L’AVB a été créé après que des parents se furent plaints qu’on contraignait leurs enfants à prendre part à des activités comme des séances de prière et des «semaines chrétiennes» et qu’on les stigmatisait s’ils ne participaient pas.
Les parents étaient également préoccupés par le fait que certaines écoles annoncent sur leur site web qu’elles s’engagent à immerger les élèves dans un environnement chrétien.
«Lorsque les enfants risquent d’être divisés, l’école devrait s’efforcer d’atténuer l’impact de la pression de groupe et l’influence négative sur les enfants, qui ne souhaitent pas être considérés comme différents», a affirmé Hans Pietersen.
En réaction, le Syndicat des enseignants d’Afrique du Sud a élaboré une liste de conseils destinés aux directeurs d’école pour traiter «les visiteurs importuns et les fauteurs de troubles». Le Syndicat a indiqué qu’il se battrait «sans équivoque» pour le droit des écoles à pratiquer la religion, qui, selon lui, est garanti par la Constitution.
AfriForum, une organisation de défense des droits civils bénéficiant d’un soutien important dans la communauté afrikaner, s’est engagée à assumer les frais juridiques de toute école chrétienne poursuivie en justice sur cette question. Ben Marais, président de l’Union agricole du Transvaal, a plaidé en faveur du maintien des écoles chrétiennes. «Si un parent chrétien permettait que son enfant soit éduqué dans un environnement païen, il renierait Dieu», a-t-il affirmé. (apic/eni/pr)
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