Delémont: Conférence de Robert Neuburger au Service de consultation conjugale

Romantisme et égalité en prennent un coup!

Delémont, 12 novembre 2009 (Apic) Robert Neuburger est une personnalité de référence en matière de thérapie des couples et des familles. Il s’est exprimé mercredi en conférence à Delémont, à l’invitation du Service de consultation conjugale et familiale de l’Eglise catholique du Jura pastoral, sur le défi contemporain d’être couple et parents.

«Une thérapie très récente, qui faisait rigoler il y a 20, 25 ans», lorsque le docteur et professeur Neuburger s’est lancé dans le domaine, en réponse aux besoins de ses patients. Car les difficultés de couple sont à l’origine de nombreuses pathologies, dépression et plus graves. «Le couple contemporain est une curieuse institution si l’on compare avec le passé, qui ne prenait en compte que le couple parental».

Le mariage n’a jamais créé un couple, relève le Dr Neuburger et pour preuve : la mairie délivre un livret de mariage ! La France aujourd’hui enregistre autant de demandes de PACS (Pacte Civil de Solidarité) par des hétérosexuels que de mariages.

Les gens se choisissent librement, parce qu’ils sont faits l’un pour l’autre ? Illusoire : la plupart des histoires se fondent sur un besoin d’appartenance pour exister, l’autre était là au bon moment, tant pis pour le romantisme ! Les deux partenaires doivent s’inventer un mythe fondateur, des rituels et construire l’histoire qui les lie autour de valeurs qui vont les unir, non plus liberté, mais confiance, communication, etc… Egalité ? Le professeur élude : «il faudrait la nuit pour en parler ! »

La famille PME

Le couple a pris de l’importance au fur et à mesure de l’évolution de la famille. Elargie et complexe autrefois, celle-ci se réduit aujourd’hui à la famille nucléaire, conjugale, père – mère – enfants, «famille PME». Conséquence : les parents ont à assumer seuls tous les rôles ; les enfants bénéficient d’affectivité mais plus d’appartenance. «Les enfants devaient aux parents», le changement sociologique a passé à l’extrême inverse: les parents doivent aux enfants. Le contrôle des naissances en particulier joue un rôle dans ce changement», estime Robert Neuburger. Qui cite l’exemple de l’éducation bourgeoise auparavant : l’enfant n’a plus de responsabilité dans l’appartenance à une famille. Le couple, autrefois fondu dans la famille, devient la plus importante source d’appartenance, celle du monde professionnel aussi devenant aléatoire. Réintroduire le sentiment d’appartenance induit la notion de coresponsabilité chez les enfants.

Consacrer du temps au couple

Près d’un mariage sur deux en France se solde par un divorce. La naissance d’un deuxième enfant est souvent l’élément déstabilisateur, parce que la dimension couple est sacrifiée, par l’envahissement enfants, travail, fatigue… Robert Neuburger donne moins de conseils que des indications dans l’ouvrage qu’il a publié aux éditions Payot en 2002, «On arrête… on continue ? Faire son bilan de couple». Primordial, il faut veiller à donner du temps à la fois à la famille et au couple, pas seulement sur le plan sexuel.

«Un couple qui va bien, ce n’est pas parce qu’il n’a pas de problèmes, mais parce qu’il sait résoudre ses difficultés et inventer des solutions», avec ou sans l’aide de conseillers ou thérapeutes spécialisés». (apic/sic/pr)

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