Rome: La faim dans le monde, « le sommet de l’indifférence » selon Alliance Sud
Rome, 18 novembre 2009 (Apic) « Le Sommet mondial sur la sécurité alimentaire à Rome n’a débouché sur aucune mesure permettant de lutter contre la faim dans le monde ». C’est ce qu’a déclaré l’organisation faîtière Alliance Sud au terme du sommet de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).
« La déclaration finale adoptée dès le début a caractérisé l’ensemble du sommet. Aussi, les discours n’ont-ils pas abouti à des décisions portant sur des actions concrètes ou des engagements financiers », déplore Alliance Sud dans un communiqué diffusé le 18 novembre. L’organisation faîtière regrette que Le Conseil fédéral ait « suivi le boycott orchestré par les pays de l’OCDE contre la FAO », en n’envoyant aucun délégation de haut niveau à Rome. Il montre ainsi « qu’il n’accorde pas un degré de priorité élevé au scandale de la faim, dont plus d’un milliard de personnes sont victimes ». « La communauté des Etats a manifestement décidé de ne pas éliminer la faim mais de gérer ce problème d’un sommet à l’autre », estime Rosmarie Bär d’Alliance Sud.
Les quelque 60 chefs d’Etat et de gouvernement réunis depuis le 16 novembre à Rome se sont engagés, dans une déclaration, à « éradiquer la faim dans le monde ». Ils n’ont, en revanche, fixé aucun délai pour parvenir à cet objectif alors que la date butoir de 2025 avait été préalablement approuvée, a regretté Jacques Diouf, le directeur général de la FAO.
Dans sa déclaration au sommet, la Suisse a souligné que le secteur privé doit être mis à contribution. « L’industrie agro-alimentaire porte pourtant une grande part de responsabilité dans le problème de la faim en promouvant l’agriculture industrielle, qui provoque l’érosion des sols et nécessite des semences hybrides, des pesticides et une plus grande quantité d’engrais », a estimé pour sa part Ester Wolf, de Pain pour le prochain.
La Suisse a néanmoins soutenu la résolution de la déclaration finale visant à consacrer 0,5% du produit national brut à l’aide au développement d’ici 2010. Le Conseil fédéral doit ainsi revenir sur sa récente décision de ne pas augmenter l’aide avant 2013.
Le Forum parallèle de la société civile, auquel ont participé 700 représentants d’organisations d’agriculteurs, de peuples autochtones, d’organisations de femmes et d’ONG, a fait apparaître une toute autre réalité et a présenté des solutions, estime Alliance Sud. « Les personnes touchées par la crise alimentaire ont clairement indiqué qu’il est indispensable d’encourager l’agriculture paysanne biologique au lieu de favoriser davantage la libéralisation et l’industrialisation ». « La production écologique permet de nourrir la population mondiale tout en contribuant à la protection du climat », soutient Tina Goethe de Swissaid. « Plusieurs études démontrent que, à long terme, l’agriculture biologique est plus productive par surface et par unité d’énergie que la production industrielle. » (apic/com/bb)
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