L’entrée d’anglicans dans l’Eglise catholique n’est pas un ›nouvel œcuménisme’
Rome, 20 novembre 2009 (Apic) L’entrée de fidèles anglicans dans l’Eglise catholique prévue par la Constitution apostolique Anglicanorum coetibus «ne correspondra en rien à un nouvel œcuménisme», a prévenu le cardinal Walter Kasper dans l’après-midi du 19 novembre, lors d’un colloque organisé à Rome en l’honneur du cardinal hollandais Johannes Willebrands (1909-2006), pionnier de l’œcuménisme. Le président du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens, dont les propos ont été rapportés par L’Osservatore Romano, s’exprimait ainsi en réaction à ce que l’»on a pu lire ces dernières semaines dans certains journaux, y compris ceux qui devraient être le plus au fait de ces choses».
Au contraire, selon le cardinal allemand, dont les médias avaient souligné l’absence – il était à Chypre – lors de l’annonce par Rome de sa décision d’accueillir des groupes d’anglicans en rupture avec leur Eglise, ce geste du pape se fait «en parfaite conformité avec le décret Unitatis redintegratio». Ce document élaboré pendant le Concile Vatican II, a rappelé le chef de dicastère, dissocie en effet clairement «la conversion de simples individus ou de groupes de personnes» de l’»œcuménisme en tant que dialogue avec les autres Eglises dans le but d’une pleine communion». «Je répète: il n’y a pas de nouvel œcuménisme ni de fin d’un ancien» œcuménisme, a renchéri le cardinal Kasper, qui voit plutôt ce geste d’ouverture aux anglicans comme le «fruit des dialogues œcuméniques des dernières décennies», mais aussi comme «une forte impulsion» dans la poursuite du dialogue avec la Communion anglicane.
Dans son discours prononcé à l’Université grégorienne en présence du chef de l’Eglise anglicane, le président du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens a aussi souhaité le maximum de «transparence», tant dans la conversion individuelle ou collective que dans le dialogue œcuménique, mais aussi du «tact» et une «estime réciproque» pour ne pas «causer des tensions insensées» avec les «interlocuteurs œcuméniques».
Des propos qui interviennent alors que catholiques et anglicans de Grande-Bretagne sont en proie à une vive polémique. Par presse interposée, le cardinal Vincent Nichols, primat de l’Eglise catholique d’Angleterre et du Pays de Galles, et l’évêque anglican de Sothwark, Tom Butler, se sont en effet accusés réciproquement de ne pas avoir pris l’initiative d’informer Rowan Williams des intentions du Vatican.
2010 sera l’année de l’œcuménisme. C’est aussi ce que le cardinal Kasper a répété dans son discours, citant d’abord la tenue d’un symposium avec les Eglises protestantes, du 8 au 10 février 2010, à Rome, qu’il avait déjà annoncé en octobre 2009, au cours de la présentation d’un ouvrage de son dicastère intitulé «Harvesting the fruits – Basic aspects of christian faith in ecumenical dialogue» (Récolte des fruits – Aspects essentiels de la foi chrétienne dans le dialogue œcuménique).
D’autres événements suivront, parmi lesquels le 50e anniversaire du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens, le centenaire de la Conférence d’Edimbourg (1910), ou encore la session plénière de la Fédération mondiale luthérienne à Stuttgart (Allemagne). Autant d’événements qui sont «la preuve», aux yeux du haut prélat allemand, que «l’œcuménisme n’est pas une chose du passé», mais que les chrétiens vivent «un nouveau départ». (apic/imedia/cp/bb)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse