L’accueil de certains anglicans dans l’Eglise catholique ne va pas causer de ruptures
Rome, 21 novembre 2009 (Apic) Un mois après l’annonce par Rome de sa décision d’accueillir des groupes d’anglicans en rupture avec leur Eglise, catholiques et anglicans entendent officiellement «poursuivre et consolider» leurs rapports œcuméniques. C’est ce qu’a indiqué le 21 novembre 2009 un bref communiqué publié par le Saint-Siège au sortir de l’audience accordée par Benoît XVI au primat de l’Eglise anglicane, l’archevêque de Canterbury Rowan Williams.
Ce dernier préside aux destinées de quelque 70 millions de fidèles dans le monde, alors que la Communion anglicane traverse une crise sans précédent (*). Près de 300 évêques appartenant à l’aile opposée à la ligne officielle de la Communion anglicane, affirmant baser leur foi sur la Bible, reprochent les tendances libérales qui prennent racine dans l’Eglise occidentale, comme l’acceptation croissante de l’homosexualité et l’ordination épiscopale des femmes. Les évêques anglicans conservateurs sont rassemblés depuis l’an dernier au sein de la Conférence sur l’avenir de l’anglicanisme global (GAFCON – Global Anglican Future Conference).
Au cours d’entretiens qualifiés de cordiaux par le Vatican, il a été question des défis auxquels toutes les communautés chrétiennes font face en ce début de millénaire, ainsi que de la nécessité de promouvoir des formes de collaboration et de témoignage commun pour affronter ces défis, selon le communiqué romain.
Les discussions ont aussi porté sur les événements qui ont récemment concerné les relations entre l’Eglise catholique et la Communion anglicane, «en rappelant la volonté commune de poursuivre et consolider les rapports œcuméniques entre catholiques et anglicans, et en rappelant que la commission chargée de préparer la 3e phase du dialogue théologique international entre les parties (ARCIC) se réunira dans les prochains jours».
A la veille de la visite au Vatican du primat de la Communion anglicane, le cardinal Walter Kasper, président du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens, avait rappelé le «développement indiscutablement positif des relations entre anglicans et catholiques après le Concile». Pour le cardinal Kasper, cette visite au Vatican de l’archevêque de Canterbury «démontre qu’il n’y a eu aucune rupture, et relance le désir commun de se parler, en ce moment historique important».
Les deux hommes, a rapporté ensuite le Bureau de presse du Saint-Siège, se sont entretenus en privé un peu plus de 20 minutes. Cette nouvelle rencontre entre Benoît XVI et Rowan Williams intervenait dans un contexte tendu après la décision récemment annoncée par l’Eglise catholique d’accueillir des groupes de fidèles anglicans en rupture avec leur Eglise, près de 5 siècles après le schisme de 1531.
Venu à Rome pour participer à un colloque organisé en l’honneur du cardinal hollandais Johannes Willebrands (1909-2006), le chef de l’Eglise anglicane avait indiqué le 19 novembre que «le verre œcuménique» entre catholiques et anglicans lui semblait «à moitié plein». 2 jours avant d’être reçu par Benoît XVI, il avait ainsi émis des réserves concernant la Constitution apostolique «Anglicanorum coetibus» sur l’accueil par Rome de certains fidèles anglicans.
Cette proposition permettra à des anglicans de rejoindre l’Eglise catholique romaine tout en préservant nombre de leurs traditions et pratiques. Rowan Williams avait cependant considéré ce document pontifical comme «une réponse pastorale ingénieuse aux besoins de certains» mais ne constituant aucun pas en avant du point de vue ecclésiologique. Il a cependant déclaré qu’il ne croyait pas que l’initiative du Vatican allait porter atteinte aux relations entre les deux Eglises, rapporte la BBC. Toujours selon la BBC, l’archevêque Rowan Williams a déclaré qu’il aimerait établir une nouvelle relation avec Rome, soulignant les croyances fondamentales communes plutôt que les points secondaires «négatifs» comme l’accès des femmes au sacerdoce et à l’épiscopat.
Depuis la participation de Rowan Williams à la messe d’inauguration du pontificat de Benoît XVI, le 24 avril 2005, c’est la 5e fois que les deux hommes se rencontrent. Leur première rencontre officielle, en privé, avait eu lieu au Vatican le 23 novembre 2006. Ils avaient alors signé une déclaration commune renouvelant leur engagement à favoriser le dialogue entre l’Eglise catholique et la Communion anglicane en vue de leur «pleine unité visible».
Ils se sont ensuite croisés à Naples, le 22 octobre 2007, lors de la rencontre interreligieuse de prière pour la paix organisée par la communauté Sant’Egidio. Enfin, leur dernier entretien remontait au 5 mai 2008, au Vatican. Les deux hommes devraient se rencontrer lors du voyage que Benoît XVI effectuera en Grande-Bretagne en septembre 2010.
Né en juin 1950 au Pays de Galles, Rowan Williams est à la tête de la Communion anglicane, soit quelque 70 millions de fidèles des 44 Eglises anglicanes à travers le monde, depuis février 2003. Il est le 104e archevêque de Canterbury. AMI/JB
(*) Près de 300 évêques appartenant à l’aile opposée à la ligne officielle de la Communion anglicane, affirmant baser leur foi sur la Bible, reprochent les tendances libérales qui prennent racine dans l’Eglise anglicane occidentale, comme l’acceptation croissante de l’homosexualité et l’ordination épiscopale des femmes. Les évêques anglicans conservateurs sont rassemblés depuis l’an dernier au sein de la Conférence sur l’avenir de l’anglicanisme global (GAFCON – Global Anglican Future Conference). (apic/imedia/ami/bbc/be)
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