Favoriser les vocations, revaloriser l’image du prêtre
Paris, 26 novembre 2009 (Apic) Le pape Benoît XVI a mis cette année le sacerdoce du prêtre à l’agenda de l’Eglise universelle. Ils sont aujourd’hui 450’000 dans le monde entier. En France, les diocèses souhaitent rénover l’image du prêtre et l’Année sacerdotale voulue par le pape est l’occasion de promouvoir de nombreuses initiatives pour favoriser les vocations, ou simplement revaloriser l’image du prêtre.
Le quotidien catholique français « La Croix » propose jeudi 26 novembre un dossier sur ces initiatives. Pour « casser les idées reçues » sur la vie du prêtre, comme le dit le Père Philippe Hérondelle, les diocèses rivalisent aujourd’hui d’inventivité. Ainsi, avec son équipe, le responsable du service des vocations du diocèse du Havre vient de lancer une « caravane des vocations » qui, pendant huit mois, va parcourir les 21 paroisses de ce diocèse situé au cœur de la Normandie.
Pour ce jeune prêtre de 37 ans, relève « La Croix », il est temps d’ »inverser la balance » dans un diocèse qui n’a pas connu d’ordination sacerdotale depuis trois ans. En fait, il s’agit de sortir de la sacristie et de présenter le rôle du prêtre sur la place publique, afin d’engager un dialogue avec la population, sur les marchés, dans la rue. Ainsi à Lillebonne, la caravane s’est arrêtée sur le marché et les passants ont pu remplir un questionnaire sur la figure du prêtre. Les réponses seront adressées à tous les curés du diocèse pour leur montrer la façon dont ils sont perçus.
Les communautés locales sont directement impliquées et elles reçoivent un « kit » constitué du DVD de la « Prêtres Academy » – un DVD proposé par le service des vocations (SDV) du diocèse de Besançon, qui permet de parler de la vocation et de la vie de prêtre à un public jeune et souvent loin de l’Eglise – ainsi que des affiches, des tracts et des prières.
« Nous ne sommes pas dans une perspective de recrutement », affirme le Père Hérondelle, qui préfère parler d’un « dialogue, non seulement avec les fidèles, mais aussi avec l’ensemble de la population ». Le diocèse de Bayonne, Lescar et Oloron, dans le département des Pyrénées-Atlantiques, a lancé sa propre caravane début novembre. Le Père Jacques de Mesmay, responsable de la propédeutique bayonnaise, dit avoir conçu ce projet comme « une interface » pour aider les six jeunes de la propédeutique (*), à découvrir le diocèse et, par ce biais, « éveiller d’autres vocations », souligne « La Croix ». Hébergés dans les familles le temps d’un week-end, les « propédeutes » témoignent de leur cheminement au cours de temps de prière, de célébrations.
A côté de ces démarches originales de sensibilisation, la manière d’accompagner les vocations est elle-même en pleine évolution. Dans un an, le diocèse de Créteil ouvrira par exemple une « Maison des serviteurs de la Parole », qui accueillera 10 jeunes entre 18 et 30 ans. « Cette proposition se situe en amont de la propédeutique et répond à un manque de lieux pour prendre le temps de s’arrêter, de discerner, et de cultiver le goût du service », observe pour sa part le Père Gilles François, responsable du projet.
Un constat partagé par le Père Olivier Roy, supérieur de la maison Charles-de-Foucauld, qui accueille depuis trois ans à Saint-Pern (Ille-et-Vilaine, en Bretagne) les « propédeutes » des diocèses du Grand Ouest. « Les jeunes d’aujourd’hui mènent une vie surchargée. Même ceux qui pressentent une vocation ont du mal à y réfléchir posément ». Le Père Roy demande ainsi aux 19 jeunes de « se déconnecter », ce qui est loin d’être évident, confie-t-il: accès limité à internet, créneaux horaires pour téléphoner…
Autant de petits « renoncements » qui favorisent, selon le Père Olivier Roy, une « vraie maturation ». A Créteil, le foyer aura l’originalité d’être mixte et compatible avec une vie étudiante ou professionnelle (prière le matin, une soirée biblique par semaine). Là encore, on évite de parler de préparation au séminaire: « C’est d’abord une année gagnée en se formant à la Parole de Dieu, en prenant soin de leur vie chrétienne », souligne le Père François.
S’il admet que l’initiative vise à « faire du bien aux vocations », il les envisage au pluriel: prêtrise, bien sûr, mais aussi vie consacrée, célibat, mariage. Un discours ouvert qui s’explique aussi sans doute par la méfiance de nombreuses familles, y compris les plus ferventes: « On prie beaucoup pour les vocations, mais on prie surtout pour que ça tombe chez les voisins », résume à Bayonne le Père de Mesmay.
En effet, « prêtre, ce n’est pas un modèle de réussite dans les milieux chrétiens aisés, où l’on préfère voir ses enfants intégrer une grande école », déplore un jeune prêtre de l’Ile de France. Au Havre, la caravane donne encore l’occasion de réfléchir à cette manière parfois négative de parler du prêtre. Le Père Hérondelle le confie à « La Croix »: cette vision dépend aussi des prêtres eux-mêmes, qui ont trop tendance à pointer « ce qui ne va pas », comme la surcharge de travail, la mauvaise qualité de vie…JB/CX
(*) Les éventuels candidats au sacerdoce suivent une année de « fondation spirituelle », envisagée par le Service des vocations comme une étape de discernement (apic/cx/be)
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