Lausanne: En marge de la 7ème Conférence ministérielle de l’OMC

Alliance Sud demande d’arrêter le Cycle de Doha

Lausanne, 26 novembre 2009 (Apic) Alliance Sud exhorte la ministre suisse de l’économie, Doris Leuthard, à s’engager pour un arrêt des négociations et pour un agenda post-Doha qui réponde aux défis actuels, à commencer par le changement climatique et la crise alimentaire. Le communiqué d’Alliance Sud du 26 novembre déplore que la Cycle de Doha fasse l’objet de discussions lors de la Conférence ministérielle de l’OMC qui se tiendra à Genève du 30 novembre au 2 décembre 2009.

Pour Alliance Sud, la communauté de travail de Swissaid, Action de Carême, Pain pour le prochain, Helvetas, Caritas et Eper, conclure le cycle de Doha sur la base des propositions actuelles ferait plus de mal que de bien aux pays en développement. « Conçu au départ comme un cycle de développement, il n’en a plus que le nom», affirme Isolda Agazzi, spécialiste du commerce international à Alliance Sud. Alliance Sud exhorte la ministre suisse du commerce, Doris Leuthard, à s’engager, à Genève, pour un arrêt des négociations.

Mais il faut, selon Alliance Sud, engranger les quelques éléments pro-développement acquis en huit ans de négociations, à savoir : l’interdiction des subventions à l’exportation des biens agricoles d’ici 2013; la réduction des soutiens internes ayant un effet de distorsion sur les échanges agricoles ; la facilitation du commerce par la réduction des entraves techniques et bureaucratiques; la possibilité de suspendre les brevets sur les médicaments en cas de pandémie; l’accès au marché libre de droit et de contingent pour les pays les moins avancés.

Il s’agit de propositions minimalistes pour réparer, au moins partiellement, les déséquilibres structurels du système commercial multilatéral, peut-on lire dans le communiqué.

Un agenda post-Doha

Alliance Sud demande à la Suisse de s’engager, à Genève, en faveur d’un agenda post-Doha qui contribue à résoudre les problèmes actuels, à commencer par les crises climatique et alimentaire. L’OMC est ici « partie du problème et de la solution » pour Isolda Agazzi. Selon Alliance Sud, cet agenda post-Doha devrait contenir les éléments suivants: des mesures pour lutter contre le changement climatique, notamment: la discipline des subventions aux énergies fossiles; le transfert de technologies vertes vers les PED et la discipline des mesures protectionnistes adoptées au nom de la lutte contre le réchauffement climatique, qui pénalisent les PED. Il faut y ajouter la protection du droit à l’alimentation et la lutte contre le dumping des prix qui ruine les petits paysans des PED; la discipline des accords régionaux et bilatéraux de libre-échange, dont la prolifération mine le système multilatéral. Alliance Sud demande aussi une réforme de l’OMC vers plus de démocratie, de transparence et de représentativité des PED.

Par contre, Alliance Sud rejette les tentatives du Conseil fédéral d’inclure dans un agenda post-Doha les investissements, le droit de la concurrence et la transparence des marchés publics. « Ces sujets de Singapour sont enterrés. Ils ont été refusés par les PED à la conférence ministérielle de Cancun, en 2003 » affirme Isolda Agazzi. Informations: www.alliancesud.ch/fr/politique/commerce (apic/com/js)

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