Des réflexions et des pistes d’action pour le Forum 2010 sur la diaconie
Neuchâtel, 27 novembre 2010 (Apic) Le Conseil pastoral du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg (CPaD) s’est réuni au Vicariat de Neuchâtel. Après les exposés de l’économiste genevois Paul Dembinski et du théologien neuchâtelois Matthias Nebel sur l’encyclique « La charité dans la vérité » de Benoît XVI, les délégués cantonaux du Conseil ont fait le point sur le forum diocésain organisé en mars 2010 à Neuchâtel.
Pour le théologien Matthias Nebel, du Vicariat de Neuchâtel, Benoît XVI exprime clairement, dans l’encyclique sociale « Caritas in veritate », la priorité de l’amour humain sur toute théorie économique. La charité doit être intégrée dans l’action publique pour favoriser un développement intégral de l’homme. Cette position s’appuie sur un raisonnement intellectuel ouvert à la transcendance, en contradiction avec le monde scientifique, aujourd’hui en majorité agnostique et hostile aux positions « totalitaires » de l’Eglise catholique.
L’économiste Paul Dembinski, directeur de l’Observatoire de la finance à Genève, a démontré que l’encyclique de Benoît XVI ne pouvait en conséquence toucher que les hommes de bonne volonté ouverts à la transcendance, c’est-à-dire des croyants. Dans un premier point d’attention, l’économiste a expliqué que pour le pape, le monde économique doit être ouvert à une dimension sociale et à des valeurs humaines.
Paul Dembinski a relevé dans l’encyclique, un deuxième point d’attention : la gratuité et le don pour favoriser des relations humaines. C’est l’inverse du marché capitaliste pur et dur avec un développement d’échanges anonymes. « A force de pousser les gens à ne faire que des transactions pour la moindre activité humaine, la société se stérilise », a-t-il affirmé.
Troisième point d’attention de l’économiste: la contradiction entre efficacité du marché et fécondité du don. A l’opposé d’une maîtrise de tout acte humain défini par un coût monétaire, l’encyclique prône le don, où la personne ose un pari sur un lien fécond, dans le futur, avec le destinataire. Pour cela, il faut renoncer à tout maîtriser dans la relation nouée avec l’autre.
« Il ne suffit pas d’invoquer l’éthique. Il faut l’intégrer dans l’action », a enfin souligné Paul Dembinski, dans son quatrième point d’attention. Le directeur de l’Observatoire de la finance a noté que Benoît XVI compte davantage sur la responsabilité personnelle que sur les institutions étatiques pour développer le bien commun.
Un débat s’est institué entre l’assistance et les deux conférenciers. Les uns et les autres ont observé l’absence de propositions concrètes adressées aux politiciens. Ce n’est pas une encyclique sur la crise économique, ni sur la décroissance, mais plutôt sur la promotion du développement, basée sur la foi en l’homme.
Après cette discussion, le CPaD a approfondi le thème de la diaconie discuté au Forum diocésain 2010 organisé le samedi 29 mai à Neuchâtel. « Nous sommes appelés à nous réapproprier la diaconie comme concept et pratique par rapport à d’autres formes de pauvreté dans la population que l’exclusion ou la détresse matérielle et psychologique », a insisté l’un des organisateurs, par exemple le manque de spiritualité.
Les responsables neuchâtelois se sentent par ailleurs d’être bien seuls pour l’organisation concrète de cette journée diocésaine. « Nous recherchons de nouvelles personnes d’accord de s’engager concrètement sur des thèmes de discussion et l’animation de stands d’information », a insisté Matthias Nebel, du comité organisateur. D’ores et déjà, les missions linguistiques et les porte-paroles des réfugiés sont intégrés dans la préparation de cette rencontre. (apic/jbw/bb)
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