L’Eglise russe tente d’expliquer sa réaction après à l’élection d’une femme
Moscou, 30 novembre 2009 (Apic) L’Eglise russe tente d’explique sa réaction négative à la suite de l’élection d’une femme à la tête de l’Eglise évangélique allemande. L’entente est loin d’être une réalité au sein des communautés chrétiennes, plus proches à marquer leur différence qu’à souligner ce qui devrait les unir.
Les réunions prévues pour célébrer les 50 ans du dialogue entre l’Eglise orthodoxe russe et les Eglises protestantes allemandes ont été annulées après ce différend sur l’élection d’une femme à la tête des Eglises d’Allemagne, a indiqué un responsable de l’Eglise russe.
L’annulation des réunions prévues à Berlin le 30 novembre et à Moscou le 8 décembre est intervenue après des propos tenus par l’archevêque Hilarion de Volokolamsk, président du Département des relations extérieures du Patriarcat de Moscou, suscitant des interrogations sur leur signification.
L’archevêque Hilarion avait déclaré le 11 novembre que l’élection de l’évêque Margot Kässmann en tant que présidente du Conseil de l’Eglise évangélique d’Allemagne (EKD) signifiait que le 50e anniversaire pourrait marquer «la fin du dialogue» sous sa forme actuelle entre les Eglises, pour une série de raisons allant de la théologie au protocole.
L’évêque Kässmann et l’évêque Martin Schindehutte, qui dirige le Département des relations étrangères de l’EKD, ont exprimé, dans une lettre adressée au patriarche de Moscou Kirill Ier, leur «surprise et incompréhension» suite aux propos de l’archevêque Hilarion. L’EKD a par ailleurs indiqué que puisque Hilarion ne vient pas à Berlin, les manifestations prévues dans cette ville n’auraient pas lieu.
«Il s’avère que la décision prise en Allemagne d’annuler les célébration a entraîné l’annulation des célébrations à Moscou également», a fait savoir le père Igor Vyzhanov, secrétaire des relations interchrétiennes au sein du Département des relations extérieures de l’Eglise russe.
Cette annulation est une initiative des partenaires allemands, a affirmé le père Vyzhanov à l’Agence ENI. Selon lui, l’Eglise orthodoxe russe ne considère pas la situation comme une suspension des relations comme celle qui annoncée par le Patriarcat de Moscou suite à la consécration par l’Eglise épiscopale des Etats-Unis d’un évêque ouvertement homosexuel en 2003, et suite à l’introduction de la bénédiction des partenariats civils homosexuels par l’Eglise de Suède en 2007.
Il a souligné qu’une employée du Département des relations extérieures du patriarcat de Moscou, Elena Speranskaya, qui enseigne la théologie protestante à l’Académie de théologie de Moscou, a été envoyée à Halle, en Allemagne, pour assister à un colloque qui se tient le 1er décembre sur le thème du dialogue entre les Eglises. Ce genre de colloques pourrait constituer une plateforme possible pour le dialogue, a indiqué le père Vyzhanov. (apic/eni/pr)
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