Genève: Journée mondiale sur le sida

La pandémie se stabilise dans le monde. La plupart des progrès notés en Afrique, selon l’ONU

Genève, 1er décembre 2009 (Apic) Les nouvelles infections du VIH sida ont baissé de 17% en huit ans dans le monde. La pandémie stagne dans son évolution. La plupart des progrès s’observent en Afrique subsaharienne, a indiqué l’ONUSIDA et l’OMS (Organisation mondiale de la Santé), dans un rapport publié la semaine dernière, en prélude à la journée internationale de lutte contre le sida, célébrée le 1er décembre de chaque année. Celle de cette année a pour thème : «Droits humains et accès universel aux services de prévention, de traitements et de soutien».

Selon l’organisation, les nouvelles infections du virus du sida en Afrique au sud du Sahara ont baissé de près de 15% au cours des huit dernières années. Cela représente environ 400’000 infections de moins depuis 2001, date de la signature de la Déclaration d’engagement des Nations-Unies sur le VIH/sida.

«La bonne nouvelle, c’est que nous avons des preuves que les déclins que nous constatons sont dus, en partie du moins, à la prévention du VIH» a déclaré Michel Sidibé, Directeur exécutif de l’ONUSIDA. «Toutefois, a-t-il précisé, les conclusions nous montrent aussi que les programmes de prévention ne sont souvent pas à la hauteur et que si nous réussissons mieux à faire sorte que les ressources et les programmes soient dirigés là où ils auront le plus d’impact, des progrès plus rapides peuvent être faits et davantage de vie sauvées».

Au Botswana où la couverture du traitement est de 80%, selon l’ONUSIDA et l’OMS, les décès liés au sida ont chuté de plus de 50% au cours des cinq dernières années. Le nombre d’enfants nouvellement orphelins est également en baisse, alors que les parents vivent plus longtemps. La moitié des décès maternels au Botswana et en Afrique du Sud sont dus au VIH.

Peu de programmes de prévention pour les plus de 25 ans

Pour les organisations onusiennes, les statistiques de ces dernières années, montrent que peu de programmes de prévention du VIH existent à l’intention des personnes de plus de 25 ans, des couples mariés ou des personnes vivant au sein de relations stables, des veufs(ves) et des divorcé(e)s. Ce sont les groupes mêmes au sein desquels une prévalence élevée du VIH a été constatée dans nombre de pays d’Afrique subsaharienne. Au Swaziland par exemple, les personnes de plus de 25 ans représentaient plus des deux tiers des infections chez l’adulte, et pourtant rares sont les programmes de prévention conçus à l’intention des personnes plus âgées.

Les fonds consacrés à la prévention du VIH constituent désormais le pourcentage «le plus faible» des budgets de nombreux pays. Par exemple au Swaziland, à peine 17% du budget total pour le sida ont été dépensés pour la prévention malgré un taux national de prévalence du VIH de 26%. Au Ghana, le budget alloué à la prévention a été coupé de 43% en 2007 par rapport aux niveaux de 2005.

L’ONUSIDA et l’OMS appellent à la vigilance, en dépit d la baisse constatée des infections au VIH, car, ont-elles souligné, dans certains pays, il y a des indications que les nouvelles infections à VIH repartent à la hausse. Dans l’ensemble des pays du monde, le nombre de personnes vivant avec le VIH (PVVIH) continue d’augmenter, atteignant en 2008, près de 33,4 millions de séropositifs. Cette situation est due à une «combinaison» du taux élevé de nouvelles infections, du fait que les populations vivent plus longtemps, que les effets bénéfiques de la thérapie antirétrovirale et de la croissance démographique. L’Afrique reste le continent le plus touché avec 22, 4 millions de PVVIH en 2008. Les nouveaux cas d’infection étaient estimés à 2,7 millions avec 430’000 cas chez les enfants de moins de 15 ans. (apic/ibc/js)

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