Afrique: Le continent le plus engagé contre la peine de mort

140 pays ont aboli la peine capitale depuis les années 1970

Rome, 1er décembre 2009 (Apic) L’Afrique a été le continent qui s’est le plus engagé ces dernières années sur la voie de l’abolition de la peine de mort, déclare à la MISNA Mario Giro, responsable de la Communauté de Sant’Egidio pour les Relations internationales.

La Commission des Droits de l’homme de l’Union africaine (UA) a approuvé en décembre 2008 une « Résolution » invitant ses États membres à observer un moratoire de la peine capitale : une position réitérée avec le soutien apporté par la plupart des gouvernements subsahariens au moratoire voté à l’Assemblée générale de l’ONU. « L’Afrique – soutient M Giro – se prépare à devenir le second continent libéré de la peine de mort, comme en témoignent les récentes décisions du Togo et du Gabon, mais aussi du Rwanda et du Burundi, deux pays importants d’un point de vue symbolique, qui, après les massacres qu’ils ont vécus ces dernières décennies, recherchent maintenant la paix et la réconciliation ».

La culture africaine prévoit toujours le pardon

Selon le responsable de la Communauté de Sant’Egidio, organisme présent dans 26 pays subsahariens, l’engagement de l’Afrique contre la peine capitale découle d’une culture « qui prévoit toujours la possibilité du pardon » et se rattache actuellement à une nouvelle conscience des droits civils. M Giro estime que la position du continent africain s’inscrit dans le cadre d’une tendance positive sur le plan mondial. « Des signaux importants – dit-il à la MISNA – parviennent par exemple de la Chine, premier pays au monde du point de vue du nombre des exécutions que l’on y enregistre : la peine capitale ne sanctionne plus un grand nombre de crimes à caractère économique et, depuis une récente sentence de la Cour constitutionnelle, ne peut plus être infligée par un tribunal local ».

Près de 140 pays ont aboli la peine capitale depuis les années 1970

La Communauté de Sant’Egidio observe que depuis la fin des années 1970, le nombre des pays abolitionnistes est passé de 23 à près de 140. « La peine de mort commence désormais à appartenir au passé de l’histoire de l’humanité – a déclaré à Radio Vatican Mario Marazziti, porte-parole de l’organisme – bien qu’elle soit terriblement présente dans des pays comme l’Iran, la Chine, l’Arabie Saoudite, l’Égypte et dans plusieurs États des États-Unis. Cependant, c’est une idéologie qui régresse. Je crois que la « Résolution » adoptée en 2007 à l’Assemblée générale de l’ONU a introduit un principe fondamental : c’est le problème des droits de l’homme qui intéresse la communauté internationale ». La Journée mondiale des Villes contre la peine de mort, célébrée lundi 30 novembre, a en effet puisé sa force dans les « Résolutions » de l’ONU de 2007 et 2008, dont la dernière a été approuvée par 106 pays, enregistrant 34 abstentions et 46 voix contre. Des rencontres et des débats ont été organisés lundi sur les places et dans les écoles du monde entier, dans les capitales européennes et dans les petites villes d’Afrique et d’Amérique Latine : une longue route qui s’enrichit chaque jour de nouvelles contributions. Mardi soir, à Buenos-Aires, dans l’église Notre-Dame de Guadalupe, se tiendra une prière en mémoire de tous les condamnés à mort du monde. (apic/misna/js)

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