La Fédération luthérienne mondiale déplore le résultat du vote
Genève, 1er décembre 2009 (Apic) Le secrétaire général de la Fédération luthérienne mondiale (FLM) a averti que le référendum par lequel les citoyens suisses se sont prononcés en faveur d’une interdiction constitutionnelle de la construction de minarets dans le pays pourrait saper l’harmonie interreligieuse.
« La Fédération luthérienne mondiale regrette que certains éléments de la société et des milieux politiques suisses aient estimé nécessaire de faire de la question de la construction de minarets un sujet de référendum et de contraindre les citoyens à prendre une décision pour ou contre une interdiction », a déclaré le pasteur Ishmael Noko au correspondant d’ENI le 30 novembre.
La déclaration du secrétaire général de la FLM intervient suite aux résultats, tombés la veille, du référendum, par lequel environ 57,5 % des votants se sont prononcés en faveur de l’ajout, dans la Constitution, d’une disposition interdisant la construction de minarets.
La FLM, dont le siège est à Genève, représente 69 millions de chrétiens protestants à travers le monde.
L’initiative sur l’interdiction des minarets a été soutenue par l’Union démocratique du centre (UDC), un parti d’extrême droite opposé à l’immigration dans le pays.
Les partisans de l’interdiction affirment que le minaret est un « symbole du pouvoir politique » des musulmans dans un pays essentiellement chrétien et que la construction de minarets n’est pas une exigence théologique de l’islam.
Certaines affiches de soutien à l’interdiction montraient une femme couverte d’une burqa, avec en fond un drapeau suisse hérissé de minarets. Le mot « Stop » figurait en lettres noires.
Selon le pasteur Noko, bien qu’il existe un intérêt légitime à vouloir préserver et protéger un patrimoine historique et culturel particulier en Suisse, « cette mesure formule cet intérêt en des termes explicitement sectaires vis-à-vis des musulmans. »
Le secrétaire général de la FLM, qui est également le président de l’Action interreligieuse pour la paix en Afrique, a déclaré : « Cela sape donc les efforts en vue de l’entente et de l’harmonie interreligieuses en Suisse, ainsi que la réputation et le patrimoine des Suisses en matière de tolérance et d’hospitalité. »
Après le christianisme, dont se revendiquent 76 % de 7,6 millions d’habitants de la Suisse, l’islam, suivi par 4,5 % des habitants, est la deuxième religion du pays. (apic/eni/js)
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