Le président allemand Horst Köhler en visite au Vatican

Rome: Le Mur de Berlin fut une « frontière de mort » pour l’Allemagne, déplore Benoît XVI

Rome, 6 décembre 2009 (Apic) Le Mur de Berlin, dont le 20e anniversaire de la chute, le 9 novembre 1989, vient d’être célébré, a été une « frontière de mort » entre les deux Allemagnes, a affirmé Benoît XVI. Le pape a fait ces déclarations au terme d’un concert offert en son honneur dans la soirée du 4 décembre 2009 par le président allemand Horst Köhler, en visite au Vatican. Horst Köhler a été reçu samedi matin avec son épouse en audience par le pape, avant de rencontrer le cardinal Tarcisio Bertone, secrétaire d’Etat du Vatican, accompagné par Mgr Mamberti, secrétaire pour les rapports avec les Etats.

A cette occasion il a parlé de l’actuelle crise économique avec ses conséquences sur la situation internationale et s’est joint aux vœux du pape d’instaurer une « vraie autorité politique mondiale ». Il a relevé que les causes structurelles de la crise financière n’ont pas encore été soignées, et que l’argent peut être aussi une charge explosive pour la cohésion sociale et la communauté. Il a estimé que les acteurs financiers devaient encore bien réfléchir à la durabilité de leurs actions.

L’argent peut être une charge explosive pour la cohésion sociale et la communauté

Dans la Chapelle Sixtine, après avoir écouté L’Oratorio de Noël de Jean-Sébastien Bach (1685-1750) aux côtés de son compatriote, le pape a salué vendredi soir l’œuvre des chrétiens ayant participé à la reconstruction européenne après la Seconde guerre mondiale.

Dans son discours, Benoît XVI a ainsi indiqué que ce concert était l’occasion de fêter à la fois le 60e anniversaire de la naissance de la République fédérale d’Allemagne (RFA) et le 20e anniversaire de la chute du Mur de Berlin, « cette frontière de mort qui, pendant de si nombreuses années, avait divisé (sa) patrie et avait séparé de force des hommes, des familles, des voisins et des amis ».

Le 9 novembre 1989, a poursuivi le pape, de nombreuses personnes ont vu dans la chute du Mur « les premières lueurs inattendues de la liberté, après une longue nuit douloureuse de violence et d’oppression » imposée par un système totalitaire « qui conduisait à terme au nihilisme ».

L’ordre social occidental était « bien meilleur et bien plus humain »

Sous la dictature communiste, a encore expliqué Benoît XVI, aucune action ne pouvait être considérée mauvaise en elle-même et définitivement immorale, et tout ce qui servait les objectifs du parti était bon, aussi inhumain cela fût-il. En revanche, a rappelé le souverain pontife, l’histoire de l’Allemagne de l’Ouest, et particulièrement l’adoption, en 1949, de la « Loi fondamentale », a démontré que l’ordre social occidental était « bien meilleur et bien plus humain ».

Elaborée en réaction aux insuffisances de la République de Weimar (1919-1933) qui avaient favorisé l’avènement du nazisme, la Loi fondamentale de la RFA, promulguée le 23 mai 1949, offrait une protection particulière aux libertés fondamentales et posait dès ses premières lignes le principe de l’intangibilité de la dignité de l’être humain. Elle est la Constitution de l’Allemagne réunifiée depuis le 3 octobre 1990.

Dans son discours, le pape a aussi souhaité saluer les hommes qui ont agi avec une profonde conviction chrétienne dans le développement de l’Allemagne de l’après-guerre et qui ont ainsi engagé le processus de réconciliation des Etats européens. Au début du concert, le président Horst Köhler avait particulièrement salué pour sa part « l’œuvre » de Benoît XVI, jugeant qu’elle « contribue à maintenir le monde uni ». Le pape recevra son compatriote en audience privée dans la matinée du 5 décembre.

L’Oratorio de Noël de Jean-Sébastien Bach a été exécuté par l’Orchestre de chambre de Munich et interprété par le Chœur d’enfants de la cathédrale d’Augsbourg, sous la direction de Reinhard Kammler. (apic/imedia/cp/be)

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