Italie: Le quotidien italien ›Il Giornale’ revient sur l’»Affaire Boffo», dont il a eu la peau
Milan, 6 décembre 2009 (Apic) Dans le courrier des lecteurs de son journal, le directeur du quotidien milanais «Il Giornale» est revenu vendredi 4 décembre 2009 sur l’affaire l’»Affaire Boffo» qu’il avait déclenchée plus de 3 mois plus tôt. Par une campagne vindicative, Vittorio Feltri avait contraint Dino Boffo, le directeur du quotidien de la Conférence épiscopale italienne (CEI) Avvenire, à démissionner.
La forte polémique suscitée à l’époque n’avait pas épargné le Vatican. Le directeur d’»Il Giornale» avoue maintenant par la bande que les informations publiées par son quotidien étaient fausses. Mais le mal a été fait.
Vittorio Feltri, qui dirige un journal dont l’éditeur n’est autre que Paolo Berlusconi, le frère de Silvio Berlusconi, avait alors accusé Dino Boffo d’être impliqué dans une affaire de mœurs homosexuelles sur la base de documents judiciaires, déclenchant une vive polémique entre son journal, proche du pouvoir italien, et l’Eglise du pays. Le directeur d’Il Giornale indique désormais que les documents en sa possession à l’époque, alors transmis par «un informateur crédible et insoupçonnable», se sont révélés faux. Ce qui jette une lumière crue sur une certaine conception de l’éthique professionnelle en vigueur dans le monde médiatique en Italie, notent les observateurs.
Mgr Domenico Pompili, directeur du Bureau des communications sociales de la CEI, a déploré les aveux tardifs de Vittorio Feltri. Dans un commentaire au service d’information religieuse SIR à Rome, il relève que tout ceci «confirme la valeur de la personne du Dr. Dino Boffo qui, encore avant les admissions tardives du directeur Feltri, s’était retiré pour ne pas impliquer (dans cette affaire, ndr) l’Eglise qu’il a toujours servie avec intelligence et passion durant de nombreuses années».
Vittorio Feltri regrette que Dino Boffo n’ait pas, à l’époque, rendu public son dossier judiciaire, montrant alors que le «scandale» n’était qu’une bagatelle sans lien avec l’homosexualité. Dans un commentaire quelque peu hypocrite, le directeur d’Il Giornale rend enfin hommage à l’attitude de l’ancien responsable d’Avvenire, jugée «sobre et digne» et ne pouvant que «susciter l’admiration».
Fin août et début septembre dernier, dans un contexte politico-religieux déjà très tendu en Italie, «l’affaire Boffo» avait donné lieu à une forte polémique médiatique, sans épargner le Vatican. Le 1er septembre, la Conférence épiscopale italienne avait ainsi fait savoir que Benoît XVI, lors d’une conversation téléphonique avec le président de la CEI, avait fait part «de son estime, de sa gratitude et de son appréciation» envers le travail de l’épiscopat. Le 24 novembre dernier, la Conférence épiscopale italienne a nommé à la tête d’Avvenire celui qui était jusque-là le directeur adjoint du quotidien, Marco Tarquini.
Le «Giornale» écrivait fin août que Dino Boffo, directeur du quotidien des évêques italiens «et chef de file des moralistes engagés à lancer des anathèmes contre Silvio Berlusconi pour ses affaires privées», ferait mieux de se regarder dans un miroir. Le 28 août, «Il Giornale» a évoqué une affaire judiciaire remontant à 2001 dans laquelle le directeur du quotidien de la Conférence épiscopale italienne, Dino Boffo, aurait fait pression sur l’épouse d’un homme avec lequel il aurait eu une relation homosexuelle.
Le «Giornale» avait, selon ses propres dires, voulu «donner une leçon aux moralisateurs». Le directeur Vittorio Feltri, proche du pouvoir, avait écrit vouloir s’en prendre au «supermoraliste», dans le cadre d’une contre-attaque face aux affaires de mœurs qui secouent la maison Berlusconi. Durant l’été, certains journaux italiens avaient pris Silvio Berlusconi pour cible après les scandales qui ont récemment éclaboussé sa vie privée, notamment son recours à des prostituées de luxe. (apic/imedia/com/sir/be)
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