Zurich: La RKZ a tenu son Assemblée plénière

Finances, restructurations, recommandations dans le cadre d’un ordre du jour chargé

Zurich, 7 décembre 2009 (Apic) La Conférence centrale catholique romaine de Suisse (RKZ) a tenu son Assemblée plénière 2009 les 27 et 28 novembre 2009 à Zurich, indique lundi 7 décembre un communiqué de la RKZ. Une assemblée plénière bien chargée. A l’ordre du jour figuraient des élections, des décisions touchant des subsides de la Conférence centrale pour un total de 6,4 millions de francs, mais aussi un débat sur la simplification des structures et processus en matière de cofinancement; des recommandations sur la procédure à suivre lors de sorties d’Eglise dites «partielles»; l’adoption de programmes de travail pour les commissions permanentes et un exposé consacré au management ecclésial.

Parmi les membres actuels, de la RKZ, Georg Fellmann (LU), en tant que président, Giorgio Prestele (ZH), Susana Garcia (VD) et Hans Wüst (SG) ont vu leur mandat reconduit pour la période statutaire 2010-2011. Un nouveau membre a été élu en la personne de Jean-Paul Brügger, président du Conseil exécutif de la Corporation ecclésiastique cantonale fribourgeoise, qui se chargera notamment de la conduite des travaux de la Commission des finances de la Conférence centrale.

Parallèlement, l’assemblée a pris congé officiellement de deux membres démissionnaires de la présidence, Guido Lardi (GR) et Charles Steiner (GE) qui y représentaient la Suisse italienne et la Suisse romande. Tous deux y ont exercé des responsabilités dans des domaines importants, l’un en tant que président de la Commission des finances et l’autre comme président de la Commission pour la communication.

Plus de 9 millions de francs ont été affectés aux tâches de l’Eglise accomplies à l’échelon de la Suisse ou des régions linguistiques

Pour la première fois, l’Action de Carême (2,75 mio) et la Conférence centrale (6,36 mio) ont rassemblé en 2010 un montant supérieur à 9 million pour le financement des activités supra cantonales et supra diocésaines de l’Eglise, cela, sans la somme de 1,75 million versée par les organisations ecclésiastiques cantonales pour les tâches accomplies à l’échelon suisse dans le domaine de la pastorale des migrants).

Sur ces fonds, 2,1 mio seront affectés à la Conférence des évêques suisses. Cet argent servira au financement du secrétariat de cette dernière, de l’Officialité interdiocésaine suisse, du secrétariat de migratio, du Centre catholique suisse «Nouveaux mouvements religieux» et de la Commission nationale suisse Justice et Paix, toutes institutions qui, jusqu’ici, étaient subventionnées séparément. Le rassemblement dans une seule enveloppe de divers subsides est dû au fait que la Conférence des évêques suisses peut désormais héberger dans ses nouveaux locaux plusieurs d’entre elles. Un changement propre à renforcer la collaboration et l’exploitation de synergies.

Renforcement et meilleure coordination des activités médiatiques de l’Eglise

Un montant de 2,3 mio sera en outre alloué en 2010 aux institutions actives dans le domaine des médias à l’échelon de la Suisse ou des régions linguistiques. A cette somme s’ajoute une augmentation de 200’000 francs du budget de la CES censée assurer à cette dernière les moyens de renforcer son service d’information et de professionnaliser le secrétariat de la Commission des médias. Enfin, un montant supplémentaire de 130’000 de francs sera provisionné pour permettre le financement d’autres initiatives en cours d’année. Les interventions des participants à l’assemblée plénière ont mis une fois de plus clairement en évidence que l’on attend de cet effort financier plus qu’un simple renforcement de la communication et de l’activité des médias à tous les niveaux telles qu’on les connaît actuellement. En l’occurrence, il s’agit de viser une présence de l’Eglise au sein de l’opinion qui soit à la fois mieux coordonnée et plus adaptée au public cible et dont l’impact soit plus percutant.

Des contrats de prestation garants d’une efficacité accrue des moyens engagés

La conclusion et le renouvellement de 14 contrats de prestation auront pour conséquence que, dès 2010, 4,5 mio seront versés à des institutions avec lesquelles l’Action de Carême et la Conférence centrale ont conclu un tel accord, avec l’aval de la direction de l’Eglise. L’instrument de pilotage que constituent les contrats de prestation offre la possibilité de lier le versement de subsides à la poursuite d’objectifs à moyen terme et, ainsi, de fixer des priorités pastorales. En outre, ce système de subventionnement permet de planifier des activités sur plusieurs années avec une sécurité accrue. Les conventions passées nouvellement avec la Ligue suisse de femmes catholiques, Pro Filia et la Communauté romande de l’apostolat des laïcs témoignent de l’importance que revêtent pour l’avenir de l’Eglise les réseaux, associations et mouvements appliquant au quotidien le message biblique, cela au vu et au su de la société.

Simplification des structures et des processus dans le domaine du cofinancement

Selon la RKZ, un objectif important de l’année à venir est la simplification des structures et des processus en matière de cofinancement. Dans cette perspective, la Conférence centrale a soumis à ses partenaires que sont l’Action de Carême et la Conférence des évêques suisses une proposition consistant à réduire le nombre des organismes impliqués et à régler plus clairement le partage des compétences. De leur côté, les organes de la direction de l’Eglise (CES, COR et DOK) verront leur rôle renforcé. Cette initiative a été prise par la Conférence centrale pour la simple raison qu’elle fournit plus des deux tiers des fonds affectés au cofinancement et que son secrétariat général assume la responsabilité de toute l’Administration des projets. Une activité exigeant l’établissement de nombreux documents, un important travail de coordination et la participation à de multiples séances.

Le sujet a été abordé également lors de l’entretien annuel entre la présidence de la Conférence centrale et une délégation de la Conférence des évêques suisses qui s’est déroulé juste avant la tenue de l’assemblée plénière. A cette occasion, la Conférence centrale a souligné plus particulièrement son souci que se développe une collaboration empreinte d’un esprit de partenariat et revêtant une dimension obligatoire. Pour pouvoir fonctionner à satisfaction, les organismes du cofinancement ont besoin de s’appuyer sur des perspectives pastorales solidement établies servant de repères pour la répartition des fonds entre les différents secteurs d’activité et l’établissement de priorités.

Rapport final et recommandations à propos des sorties d’Eglise dites «partielles»

Sur la base d’un jugement du Tribunal fédéral remontant à 2007, la Conférence centrale ainsi que les diocèses concernés et les organisations ecclésiastiques cantonales ont analysé de près le problème des sorties d’Eglise dites «partielles». Avec la prise de connaissance du rapport final et des recommandations de la Commission du droit public ecclésiastique et du droit régissant la religion de la Conférence centrale, une première étape a été franchie à l’échelon national. Ce rapport souligne une fois de plus à quel point il est primordial de s’en tenir au principe selon lequel l’appartenance à l’Eglise et la qualité de membre de la corporation de droit ecclésiastique vont de pair et que, lorsque des exceptions doivent être admises, des solutions fondées sur un accord mutuel et un engagement ferme sont à rechercher. Dans ce domaine, un besoin d’information et de formation des collaborateurs pastoraux et des membres des autorités de droit public ecclésiastique subsiste incontestablement.

Axes principaux des activités au cours des années à venir

Il y a deux ans, dans le cadre de la révision des statuts de la Conférence centrale, trois commissions permanentes ont été instituées. Leur mission étant d’élaborer des prises de position et des solutions dans les domaines où la Conférence centrale est active, à savoir le droit public ecclésiastique, les finances et le travail de relations publiques. Ces commissions ont présenté leur programme de travail pour les années à venir, à savoir:

– La Commission des finances examinera l’adaptation de la clé de répartition des contributions dues à la Conférence centrale par les organisations ecclésiastiques cantonales. Semblable travail de réflexion s’avère nécessaire dans la mesure où la clé en vigueur repose sur le recensement fédéral qui remonte à 2000, l’indice de capacité financière de la Confédération qui n’a pas été remis à jour depuis 2008 et le critère de la capacité financière de l’Eglise, trois facteurs ayant fortement évolué dans l’intervalle.

– La Commission du droit public ecclésiastique et du droit régissant la religion mettra l’accent sur la formation, notamment l’acquisition des connaissances de base indispensables. La Conférence centrale risque en effet d’être mise au défi par les diverses initiatives politiques récentes touchant les rapports entre l’Etat et les communautés religieuses et qui pourraient bien agiter l’opinion.

– Au travers d’un travail de relations publiques ciblé, la Conférence centrale attirera l’attention sur l’importance que revêt la solidarité financière à l’échelon national, mais aussi sur les informations et services fournis par la Conférence centrale dans les domaines du droit public ecclésiastique, du financement de l’Eglise et du management ecclésial. Les formes principales que revêtiront les relations publiques seront le site Internet remanié et complété dès 2010, la diffusion d’une brochure comportant des informations essentielles ainsi que des exposés et des offres de formation complémentaire.

De quel type de management l’Eglise a-t-elle besoin en période de mutations?

La question du management de l’Eglise a également occupé une partie de l’assemblée plénière réservée traditionnellement à un sujet de réflexion.

Dans son exposé, l’orateur invité, le professeur Johannes Rüegg-Stürm de l’Université de Saint-Gall, a fait profiter les participants non seulement de ses compétences de théoricien du management mais encore de ses expériences en tant que membre du conseil de paroisse de la ville de Saint-Gall, en particulier dans le cadre du projet de pastorale basé sur les lieux de vie. Il a constaté qu’au sein de l’Eglise, le partage des tâches se caractérise par un cloisonnement très fort. A ce phénomène s’ajoutent la multiplicité des attentes des divers groupes cibles et le fait que maints collaborateurs sont des «individualistes au tempérament de prima donna».

Aussi, a-t-il poursuivi, le management conçu comme l’»avènement d’une capacité collective de prendre des décisions et d’agir dans le but de promouvoir une activité cohérente et répondant aux besoins des groupes cibles» revêt dans l’Eglise une importance toute particulière. Il a notamment souligné la nécessité de traiter en groupe les sujets suscitant de l’incertitude ou comportant des ambiguïtés, cela dans le cadre de séances et d’ateliers préparés et dirigés de manière professionnelle.

Johannes Rüegg-Stürm a en outre appelé de ses vœux l’adoption de comportements à la fois attentifs et délicats à l’égard des personnes engagées dans la vie ecclésiale, plaidant en faveur d’une conduite précautionneuse des processus de changement et enjoignant à faire des résultats atteints des acquis communautaires bien visibles. En proposant elle-même des cours de management ecclésial, la Conférence centrale poursuivra la réflexion dans ce domaine durant l’année qui vient afin de contribuer au développement des compétences managériales des organes dirigeants des corporations de droit public ecclésiastique et de la hiérarchie canonique. (apic/com/dk/pr)

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