Australie: L’Armée du Salut expose dans un salon dédié au sexe

Pour que l’Eglise ne se contente pas de pointer du doigt depuis l’extérieur

Melbourne, 8 décembre 2009 (Apic) L’Armée du Salut a suscité l’étonnement en Australie en montant un stand promotionnel lors d’un salon du sexe et de la pornographie organisé dans la deuxième ville du pays, Melbourne.

Chaque année, plusieurs centaines de personnes fréquentent le salon Sexpo, qui présente des produits de l’industrie du divertissement adulte, notamment des articles liés au sexe. Cette année, cependant, les visiteurs ont pu y voir pour la première fois un stand de l’Armée du Salut.

La directrice en charge de la justice sociale à l’Armée du Salut, la capitaine Danielle Strickland, a déclaré que son objectif était de sensibiliser les visiteurs au trafic d’êtres humains, au moyen d’une double campagne internationale « Stoppons le trafic » et « Jésus aime les stars du porno », qui s’adresse aux personnes qui cherchent un sens à la vie dans le commerce du sexe.

Dans une interview accordée donnée à War Cry, le journal de l’Armée du Salut cité par l’Agence ENI, Danielle Strickland relève qu’elle entend ainsi mettre les jugements de côté et « demander à Dieu un moyen de communiquer avec grâce et vérité afin de libérer chaque individu ».

La décision de monter un stand à Sexpo, qui s’est déroulé du 26 au 29 novembre, a été prise alors que la Commission annuelle des ministres de l’Armée du Salut devait se tenir à la même période non loin de là.

Dans l’article de War Cry, Amanda Hart, qui travaille pour l’Armée du Salut, a indiqué que « l’Armée a choisi de ’ne pas se sentir mal’ par rapport à la proximité des deux rendez-vous, et qu’elle a voulu braquer les projecteurs sur l’injustice sociale en se posant en témoin du nombre croissant de personnes victimes de trafic qui se retrouvent à travailler … dans des maisons closes en Australie ».

« Nous n’insinuons pas que tous les gens qui vont à Sexpo achètent du sexe, mais les personnes qui le font doivent savoir qu’une part importante des travailleurs et travailleuses du sexe ont été victimes d’un trafic », a affirmé Amanda Hart.

La capitaine de l’Armée du Salut Genevieve Peterson a pour sa part déclaré que la décision d’exposer au salon du sexe a été prise parce que, « bien souvent, l’Eglise se contente de pointer du doigt depuis l’extérieur. Il est temps que nous nous tenions aux côtés des gens, où qu’ils soient, ou, en l’occurrence, quoi qu’ils fassent ».

Les organisateurs de Sexpo ont proposé gratuitement à l’Armée du Salut un emplacement pour leur stand jusqu’à la fin du salon.

Lorsque le Herald Sun, un journal de Melbourne, a publié un article sur la présence de l’Armée du Salut à l’exposition, beaucoup d’internautes ont laissé des commentaires positifs sur l’Eglise sur le site web du journal. (apic/eni/pr)

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