Les relations entre le Saint-Siège et Cuba n’ont jamais été interrompues
Rome, 10 décembre 2009 (Apic) Benoît XVI a demandé à Cuba plus de «signes concrets d’ouverture à l’exercice de la liberté religieuse», le 10 décembre 2009. Le pape recevait en audience au Vatican le nouvel ambassadeur de Cuba près le Saint-Siège, Eduardo Delgado Bermudez, venu lui présenter ses lettres de créance. Dans son discours, le pape a par ailleurs salué les «signes de détente» entre l’île communiste et les Etats-Unis, souhaitant un rapprochement.
«Je souhaite, a affirmé le pape devant le diplomate cubain, que se multiplient les signes concrets d’ouverture à l’exercice de la liberté religieuse, comme cela a été le cas ces dernières années». Benoît XVI a alors énuméré un certain nombre de requêtes de l’Eglise: «la possibilité de célébrer la messe dans certaines prisons, la réalisation de processions religieuses, la remise en état et la restitution de quelques églises et la construction de certaines maisons religieuses, et la possibilité de compter sur une sécurité sociale pour les prêtres et les religieux». Ainsi, a conclu le pape, la communauté catholique exercera avec plus de facilité sa tâche pastorale spécifique.
Dans le même esprit et en vue d’avancer dans cette voie, Benoît XVI a demandé que soit établi «le cadre juridique qui définisse convenablement les relations existantes – et jamais interrompues – entre le Saint-Siège et Cuba». Les relations bilatérales ont été établies en 1935. La Constitution de 1976 proclame l’athéisme d’Etat. Dans son intervention en espagnol, le pape a également demandé aux autorités cubaines de favoriser la participation de l’Eglise aux moyens de communication ainsi qu’à ses tâches éducatives.
Benoît XVI a également salué l’engagement décidé de Cuba, «entre illusions et difficultés», en particulier dans le contexte économique et politique régional. «D’autre part, a aussitôt souligné le pape devant le diplomate cubain, quelques signes de détente dans vos relations avec les Etats-Unis voisins laissent présager de nouvelles occasions en vue d’un rapprochement bénéfique mutuellement, dans le plein respect de la souveraineté et du droit des Etats et de leurs citoyens».
En évoquant les conséquences de la grave crise économique mondiale, le pape a également fait état des «effets dévastateurs des désastres naturels» et de «l’embargo économique» américain imposé contre l’île depuis 1962. Benoît XVI a soutenu que tous ces fléaux touchent «spécialement les personnes et les familles les plus pauvres».
Eduardo Delgado Bermudez, nouvel ambassadeur de Cuba près le Saint-Siège, est âgé de 66 ans. Nommé par La Havane le 30 octobre dernier, il était jusqu’alors directeur général du ministère des Affaires étrangères. Certains observateurs jugent que le Vatican pourrait être désormais un lieu d’échanges diplomatiques privilégiés entre La Havane et Washington après la récente nomination du nouvel ambassadeur américain auprès du Saint-Siège, le théologien d’origine cubaine Miguel Humberto Diaz.
Diplômé en histoire, Eduardo Delgado Bermudez est entré aux Affaires étrangères en 1962, où il a été particulièrement en charge de l’Asie. Après une période d’enseignement à l’Université de La Havane et des responsabilités au ministère du commerce extérieur, Eduardo Delgado Bermudez a réintégré les Affaires étrangères comme ambassadeur au Japon, de 1991 à 1996. Il a ensuite été à la tête de l’Association cubaine pour les Nations Unies, avant d’être nommé directeur général du ministère des Affaires étrangères en 2002. (apic/imedia/ami/be)
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