La mère d’un élève, convertie au judaïsme, n’est pas reconnue comme juive par la synagogue orthodoxe
Londres, 16 décembre 2009 (Apic) La Cour suprême britannique a condamné mercredi 16 décembre une école juive de Londres, la «Jewish Free School» (JFS), parce qu’elle n’acceptait pas un enfant dont la mère n’était pas reconnue comme juive. Le tribunal a rejeté un appel de la JFS contre un jugement précédent de la Cour d’appel qui établissait que sa politique d’admission était illégale et que cette école de Brent, au nord de Londres, violait la loi contre le racisme, le Race Relations Act (RRA) de 1976.
Le cas concerne un enfant de 12 ans, refusé par l’école JFS. L’affaire a été portée devant la justice, le refus étant considéré comme discriminatoire. Si le père de l’enfant est bien juif, sa mère, convertie au judaïsme par le courant progressiste, n’est pas reconnue comme juive, n’ayant pas été faite juive par une synagogue orthodoxe. Les parents étaient fâchés que leur judaïté ne soit pas reconnue par le Grand rabbinat britannique. Ce dernier affirmait que l’enfant n’était pas considéré comme juif, ce qui a motivé la JFS à refuser à son tour de l’accepter.
La Cour a estimé que les critères d’admission dans cette école sont discriminatoires sur la base de l’appartenance ethnique. Cet arrêt signifie que les écoles juives en Grande-Bretagne ne peuvent plus discriminer les enfants juifs sur la base de la reconnaissance ou non de leur judaïté par la tradition juive orthodoxe. L’école a déclaré être déçue par la décision de la Cour suprême, mais va établir de nouvelles règles d’admission pour l’année 2011.
Si le Grand rabbin Jonathan Sacks n’est pas très content de la décision de justice, le rabbin Tony Bayfield, chef du Mouvement pour le judaïsme réformé, s’en est au contraire réjoui. Il a dit sa satisfaction que la politique d’admission de la JFS, «qui délégitime activement nos convertis et nos rabbins, a été considérée comme illégale et inacceptable par la plus haute juridiction du pays». Notons que l’école incriminée accepte les enfants d’athées et de chrétiens pratiquants, du moment que leur mère est considérée comme juive. Selon la halakha, la loi juive, qui établit la transmission matrilinéaire de la judéité, l’enfant ne peut être juif que par la mère. (apic/bbc/jta/be)
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