Sri Lanka: Des prêtres disent la messe dans les camps d’internement des rebelles tamouls

Près de 12’000 anciens rebelles sont encore détenus

Vavuniya, 17 décembre 2009 (Apic) Des prêtres catholiques ont été autorisés pour la première fois à dire la messe dans les camps d’internement des rebelles tamouls au nord du Sri Lanka.

Des chefs militaires ont permis début décembre à des prêtres de se rendre dans ces camps «seulement à des fins religieuses», a déclaré le Père Emilianuspillai Santhiappillai, responsable du doyenné de Vavuniya, dans le diocèse de Mannar. C’est là que se trouvent la plupart des 17 «camps de réhabilitation» pour les rebelles tamouls, rapporte l’agence de presse catholique asiatique UcaNews.

3’000 prisonniers tamouls sont catholiques

L’armée srilankaise a autorisé une dizaine de prêtres à visiter les prisonniers de 6h30 à 9h30 le samedi. Le Père Santhiappillai a envoyé des prêtres dans 15 camps pour célébrer la messe samedi dernier. Plus de 7 mois après la fin des hostilités – après une guerre civile qui a ensanglanté le Sri Lanka durant 26 ans – près de 12’000 anciens rebelles continuent à être détenus. Les responsables de l’Eglise catholique dans le pays estiment qu’environ 3’000 d’entre eux sont des catholiques, le reste étant des hindous.

Les prêtres célèbrent la messe dans des petits centres de prière ou à l’ombre des arbres. Ils sont soigneusement fouillés à leur arrivée, tandis que les appareils photographiques et les téléphones portables sont interdits. Les prêtres ne peuvent pas transmettre du courrier ou des messages et établir un contact entre les détenus et leur famille. Selon les autorités de Colombo, certains de ces prisonniers sont réhabilités, d’autres seront amnistiés, tandis qu’un certain nombre devront passer devant des tribunaux militaires pour y être jugés.

Colombo n’autorise pas l’accès de ces camps de détention au CICR

Les prisonniers sont actuellement interrogés afin de découvrir qui étaient les officiers supérieurs et leurs adjoints, et pour découvrir les caches d’armes et les dépôts de munition qui sont restés camouflés.

Le Père James Pathinathar, curé de la paroisse St-Pierre dans la ville côtière de Mullaitivu, relève que plusieurs milliers de ses paroissiens ont trouvé la mort, ont été blessés ou sont handicapés suite aux derniers combats dans la région. Quelque 300’000 personnes ont fui la zone de guerre. Lui-même a été blessé lors des combats. Pour le moment, Colombo n’autorise pas l’accès de ces camps de détention au CICR, note le prêtre. Aucun civil ne peut pénétrer dans ces camps, mais des parents et des membres de la famille peuvent rencontrer les prisonniers pour un temps limité à l’entrée du camp. (apic/ucan/be)

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