Rome: Le pape invite l’homme moderne à mettre Dieu «à la première place»
Rome, 25 décembre 2009 (Apic) Benoît XVI a été victime d’une agression sans gravité au début de la messe de Noël qu’il célébrait dans la basilique Saint-Pierre, dans la nuit du 24 au 25 décembre 2009.
Une femme a sauté sur le pape, entraînant sa chute et, indirectement, celle du cardinal français Roger Etchegaray, ensuite hospitalisé. Benoît XVI a quant à lui célébré l’ensemble de cette messe au cours de laquelle il a invité l’homme moderne, éloigné du Christ et «égoïste», à se réveiller et à mettre Dieu «à la première place».
Un peu après 22 heures, alors que Benoît XVI venait à peine d’entrer en procession dans la basilique Saint-Pierre, comble, une femme surgie du côté gauche de l’allée centrale a sauté une barrière de sécurité pour se précipiter sur lui, s’accrochant à ses vêtements. Tombée avec lui, cette femme ensuite qualifiée de «déséquilibrée» par le Vatican a été aussitôt emmenée par les hommes de la Gendarmerie vaticane. Le pape, à terre, s’est retrouvé un bref instant avec ses vêtements liturgiques sans dessus dessous. Une fois relevé, il s’est brièvement entretenu avec son médecin particulier.
Cette Italienne résidant en Suisse, d’une quarantaine d’années, n’en serait pas à sa première tentative, ont confirmé à I.Media des sources vaticanes. C’est très probablement elle qui, un an plus tôt, jour pour jour, avait tenté de sauter une barrière pour atteindre le pape.
En agressant le pape, la femme a indirectement entraîné la chute du vice-doyen du collège des cardinaux, le cardinal français Roger Etchegaray, qui marchait à quelques mètres devant le pape. Apparemment secoué, il a été emmené par les services médicaux du Vatican. Hospitalisé ensuite à la polyclinique Gemelli de Rome, le prélat de 87 ans s’est en fait cassé le col du fémur. L’ancien président du Conseil pontifical Justice et Paix avait déjà été victime d’une mauvaise chute il y a plusieurs mois.
Dans la basilique, au moment de cette bousculade, les fidèles ont entendu un grand bruit et la procession a soudainement cessé. Lorsque le pape s’est relevé, des applaudissements ont retenti. Quant aux caméras du Centre de télévision du Vatican, elles n’ont pas fait voir cette bousculade, montrant uniquement la course des hommes de la sécurité du pape puis des plans très larges de la basilique.
Malgré cet incident, Benoît XVI a célébré ensuite la longue messe de la nuit de Noël. Dans son homélie, le pape a particulièrement invité les fidèles à être «des personnes vigilantes» comme «les bergers» de la crèche. Constatant aussi que «les conflits dans le monde, les difficultés relationnelles proviennent du fait que nous sommes enfermés dans nos propres intérêts et dans nos opinions personnelles, dans notre minuscule monde intérieur», il a fustigé «l’égoïsme, celui du groupe comme celui de l’individu». Cet égoïsme, a encore soutenu le souverain pontife assis dans un trône rouge et or, «nous tient prisonnier de nos intérêts et de nos désirs, qui s’opposent à la vérité et nous séparent les uns des autres». «Ré veillez-vous, nous dit l’Evangile», a encore lancé le pape aux fidèles.
Le pape mélomane a ensuite mis en garde devant le risque, chez certains, de «priver d’oreille musicale» pour Dieu, mettant en cause la «manière de penser et d’agir» ou encore «la mentalité du monde contemporain». «La majorité des hommes ne considère pas comme prioritaires les affaires de Dieu», a aussi déploré Benoît XVI, regrettant que, «dans la liste des priorités, Dieu se retrouve souvent presqu’à la dernière place». Pourtant, a tenu à préciser le pape, «Dieu est important, il est dans l’absolu la réalité la plus importante de notre vie».
Benoît XVI a alors salué les «âmes simples et humbles qui demeurent toutes proches du Seigneur», comme les bergers. «Mais la majeure partie de nous, hommes modernes, vit loin de Jésus-Christ, de Celui qui s’est fait homme, du Dieu venu au milieu de nous», a encore constaté le pape, déplorant que beaucoup vivent «dans les réflexions, dans les affaires et dans les occupations qui (les) absorbent entièrement et depuis lesquelles le chemin vers la crèche est très long».
Dans la nuit du 24 au 25 décembre 2009, Benoît XVI a présidé une messe de la nuit de Noël dont l’horaire, pour la première fois, avait été avancé de 2 heures par rapport aux années précédentes afin d’économiser ses forces.
Ce n’est pas la première fois qu’un individu saute ainsi sur le pape. En juin 2007, un jeune Allemand souffrant de déséquilibres mentaux avait en effet sauté la barrière le séparant de l’allée où avançait la papamobile au début de l’audience générale, sur la place Saint-Pierre. Il n’était pas parvenu, en revanche, à atteindre le pape. Une Italienne puis un Polonais avait fait de même en décembre 2008, lors de deux cérémonies différentes, dans la basilique Saint-Pierre. (apic/imedia/ami/pr)
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