Jérusalem: L’Hôpital Saint Louis accueille juifs, chrétiens et musulmans
Jérusalem, 28 décembre 2009 (Apic) L’Hôpital Saint Louis des Sœurs de Saint Joseph de l’Apparition à Jérusalem accueille depuis toujours des gens rejetés de toutes parts. Qu’il s’agisse de juifs, de chrétiens ou de musulmans, ils trouvent une place à l’Hôpital. La théologienne allemande et infirmière diplômée Monika Düllmann dirige depuis cinq ans cette institution dont l’objectif principal est d’assurer aux malades, quelle que soit leur religion, soins et qualité de vie.
Pour son engagement, Sœur Monika a été honorée cette année de la Croix du mérite fédéral allemand, le 5 octobre 2009, des mains du Président Horst Koehler. Si elle en a été surprise, il ne faut pas oublier qu’elle avait déjà obtenu en 2007 une autre distinction: le « Mount Zion Award » pour la Paix, prix qui salua l’œuvre de réconciliation qui est menée au sein de l’hôpital. Ce prix est attribué par l’abbaye bénédictine de la Dormition pour le dialogue interreligieux et pour le travail en faveur de la paix. «Nous ne somme ni un institut de dialogue, ni une académie de la paix: le dialogue est simplement un effet secondaire de notre travail», affirme la religieuse.
Arrivée à Saint-Louis comme volontaire pour trois mois en 1987, la Sœur avoue avoir attrapé ici le « virus de la vie religieuse ». Infirmière diplômée en théologie, elle se définit elle-même comme « une femme qui a fait de son hobby sa profession : les soins, et de sa profession son hobby : la théologie. » Elle est la garante du dévouement du personnel, de la tolérance mutuelle et du respect au sein de l’hôpital dans un climat de paix « basé sur l’amour des malades graves ou sans espoir de guérison, de toutes les religions, de tous les peuples et de tous les rites » selon les mots de Shlomo Hillel, président de la Knesset, en 1988.
Le prix, dit-elle, a déclenché en elle la réflexion sur ce qu’est véritablement un dialogue. «J’en suis de plus en plus arrivée à la conviction que le dialogue est davantage que le fait de s’asseoir ensemble et de discuter. Le véritable dialogue signifie: nous mettre à la même table et regarder dans la même direction, parce que nous avons un objectif commun.»
«Les personnes de toutes les religions et peuples de ce pays vivent ici, aussi bien parmi les patients que parmi le personnel», explique-t-elle. «Il n’y a presque pas de problèmes religieux. «Les conflits dans les chambres ne concernent pas la présence d’un crucifix ou d’un tapis de prière. Les disputes portent bien plutôt sur des questions concrètes comme l’ouverture ou la fermeture de la fenêtre, de l’heure de l’extinction de la lumière ou de la télévision».
Pour la religieuse, vivre dans un tel climat où il n’y a pas de problèmes politiques ou religieux, alors que le pays est tellement divisé, est un vrai cadeau: «Ce sont nos patients qui nous font ce cadeau. Ici, les gens ont une autre vision des religions, parce qu’ils apprennent beaucoup sur le plan humain.»
Il y aurait, selon elle, beaucoup d’histoires à raconter à ce niveau. Par exemple, celle du musulman qui prend dans ses bras le vieil homme juif dont la femme est en train de mourir. Ou celle du jeune soldat israélien qui s’informe sur l’état de santé de la mère de son infirmier palestinien. Ou enfin celle de la patiente auprès de laquelle travaillait une entreprise de pompes funèbres juive et qui voulait à tout prix mourir dans «l’établissement catholique»: «Les corps sont toujours les plus propres et les mieux préparés. S’ils traitent ainsi les cadavres, comment en sera-t-il des vivants!», s’exclame la responsable.
Remarque: Ce texte est un résumé d’une publication de la rédaction Kipa, que l’on peut trouver sur le site.
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