Confédération et cantons se doivent de promouvoir les entreprises sociales
Lucerne, 29 décembre 2009 (Apic) Pauvreté en Suisse: Caritas entend la réduire de moitié d’ici 2020. Dans sa déclaration « Réduisons de moitié la pauvreté! », publiée mardi à Berne, Caritas réclame une décade de lutte contre la pauvreté dans le pays.
D’après les estimations de Caritas, une personne sur dix en Suisse se trouve en situation de pauvreté. Au niveau politique, dit Caritas, il est urgent de prendre les mesures nécessaires. L’œuvre d’entraide catholique a ainsi présenté un plan d’action visant à réduire de moitié la pauvreté en Suisse, entre 2010 et 2020. Vaste programme.
La déclaration de Caritas « Réduisons de moitié la pauvreté! » n’est pas seulement soutenue par tous les évêques suisses mais aussi signée par de nombreuses autres organisations sociales. On compte notamment parmi elles, la Ligue suisse de femmes catholiques, la Commission suisse Justice et Paix et Curaviva, l’Association des homes et institutions sociales suisses.
Cette charte est le premier acte d’une décennie de lutte contre la pauvreté, a indiqué Fulvio Caccia, le président de Caritas Suisse. En Suisse, entre 700’000 et 900’000 personnes vivent dans une précarité qui leur donnerait droit à l’aide sociale. Or bon nombre d’entre elles n’y ont pas recours.
Ces quinze dernières années, le taux de pauvreté des personnes en âge de travailler a oscillé entre 7 et 15%, a pour sa part estimé Carlo Knöpfel, responsable du secteur Suisse de l’organisation. Ce pourcentage n’a jamais pu être réduit, malgré plusieurs tentatives. D’où la nécessité de remettre en cause la politique sociale de la Suisse en matière de lutte contre la pauvreté.
Si elle compte montrer l’exemple via quatre axes d’actions – observation systématique du phénomène, renforcement de la consultation sociale, élargissement du nombre d’épiceries et création d’emplois sociaux -, Caritas appelle les milieux économiques et politiques à agir.
L’organisation d’entraide leur demande de faire en sorte pour que la pauvreté soit mieux identifiée et documentée. « Pour l’heure, il n’existe ni objectifs clairs, ni indicateurs fiables », a souligné Michèle Berger-Wildhaber, vice-présidente de Caritas Suisse. Autre revendication: que le minimum social d’existence soit mieux ancré dans la loi.
Selon Caritas, la Confédération et les cantons se doivent de promouvoir les entreprises sociales, qui proposent une alternative à l’exclusion du premier marché du travail. L’oeuvre d’entraide exige qu’une première formation professionnelle soit à la portée de tous, sans limitation d’âge.
Reste que la pauvreté est toujours un sujet tabou en Suisse. Même si l’économie reprend, la pauvreté ne diminue pas. Caritas se dit inquiet de cette évolution. La Confédération doit élaborer une loi-cadre fédérale réglant de manière contraignante le minimum social d’existence et d’intégration. Pour ce faire, la Confédération doit déclarer contraignantes les directives de la Conférence suisse des institutions d’action sociale (CSIAS) et définir clairement les compétences pour l’intégration professionnelle et sociale.
En accord avec l’assurance-chômage, l’assurance-invalidité et l’aide sociale, les personnes moins qualifiées doivent pouvoir améliorer leur employabilité sur le long terme. « Ainsi, on évitera que des personnes restent sur le bord de la route après la fin de leur travail dans un poste à durée déterminée ».
Caritas entend enfin créer des entreprises sociales avec près de 1000 places de travail pour les personnes en fin de droit ou chômeurs de longue durée. (apic/com/pr)
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