Pourquoi croire aujourd’hui ?
Poznan, 30 décembre 2009 (Apic) Au soir du 29 décembre, première journée de la rencontre européenne de Taizé à Poznan en Pologne, frère Alois a prononcé une méditation en guise d’accueil. Le supérieur de la communauté de Taizé a demandé aux quelque 30’000 jeunes rassemblés : « Pourquoi croire aujourd’hui ? ». De nombreux responsables religieux et politiques ont envoyé un message de vœux aux participants.
La 32e rencontre annuelle de la communauté oecuménique de Taizé se déroule du 29 décembre 2009 au 2 janvier 2010. C’est le 4e «pèlerinage de confiance sur la terre» sur sol polonais après ceux de Wroclaw (1989 et 1995) et Varsovie (1999).
Dans sa méditation prononcée au Parc des Expositions de Poznan, frère Alois, supérieur de la communauté de Taizé, a relevé « la belle hospitalité des familles polonaises ». Il a rappelé que sa «Lettre de Chine», qui guide les réflexions de la rencontre, a été dictée par les interrogations « Pourquoi croire aujourd’hui ? Quelles sont les raisons qui peuvent conduire à croire en Dieu, en Jésus Christ ? ». Ces questions lui sont venues en visitant durant trois semaines la Chine. Il a alors été frappé par « l’attente spirituelle » présente chez beaucoup de jeunes. « J’ai rencontré des jeunes qui n’étaient pas croyants et qui se tournent vers la religion », a lancé frère Alois à Poznan.
Un jeune chinois avait expliqué aux religieux de Taizé: «L’âme chinoise a toujours cru au ciel, à un au-delà, on ne peut pas déraciner cela. Ces dernières années, la vie matérielle s’est améliorée, heureusement, mais en même temps beaucoup sentent un vide spirituel et cherchent un sens à la vie.» « En Occident, tout en ayant une histoire bien différente, ne nous trouvons-nous pas face à des questions semblables ? Le progrès économique, et plus encore la mise en question actuelle de ce progrès, ne permet plus de fermer les yeux. Nous ne pouvons pas éviter de nous demander : Qu’est-ce qui peut donner une orientation à ma vie ? Quel but choisir qui vaille la peine ? », a expliqué le prieur de la communauté de Taizé.
Selon lui, « le changement nécessaire, en particulier une refonte du système économique et financier mondial, ne va pas sans un changement du cœur humain ». « Comment jeter les bases d’un système plus juste tant que certains continuent à vouloir accumuler des richesses au détriment des autres ? », s’est demandé frère Aloi, invitant les jeunes présents à « entamer ou approfondir un tel changement du cœur ».
« Pourquoi croire aujourd’hui ? », a-t-il relancé, en soulignant que « le progrès économique, si important soit-il, ne peut pas combler notre soif la plus profonde ». Frère Alois a clos sa méditation en invitant les participants à ouvrir leur cœur « pour que nous écoutions la voix de l’Esprit Saint qui murmure jour et nuit en nous : Tu es aimé pour toujours et sans retour ; et même les épreuves de ta vie, pourtant réelles et parfois très dures, ne peuvent effacer cet amour. »
Les 30’000 jeunes présents à Poznan ont reçu de nombreux messages de vœux de la part de responsables religieux et politiques d’Europe.
Le pape Benoît XVI s’est uni par la prière à ces jeunes, « réunis, à l’appel de la communauté de Taizé, à Poznań, dans la patrie de son grand prédécesseur Jean Paul II ». Le pape leur a demandé d’aller « à la rencontre des hommes et des femmes qui ont perdu le sens de Dieu, qui le cherchent comme à tâtons, parfois sans le savoir ». « Ils ont besoin de rencontrer de vrais témoins afin que brille pour eux le visage du Christ », a-t-il ajouté.
Le patriarche Bartholomée de Constantinople a souligné que « cette 32e rencontre européenne, la quatrième en Pologne, poursuit l’inspiration initiée par le Frère Roger pour qui le rapprochement entre frères et sœurs dans le christianisme constituait le ferment unique du pèlerinage de confiance sur la terre. ».
Le patriarche orthodoxe Kirill de Moscou a lancé : « Vous, les jeunes, avec votre intransigeance et votre courage, vous êtes appelés à construire notre maison commune fondée sur la justice, l’éthique chrétienne et l’idée du bien commun. Cela peut sembler paradoxal, mais ce qui est le plus proche de cette audace chrétienne, c’est le maximalisme évangélique de la tradition monastique, aussi bien occidentale qu’orientale. Ce n’est pas par hasard que votre rencontre se tient sous les auspices de la Communauté de Taizé qui cherche à vivre les idéaux de la fraternité monastique. »
L’archevêque anglican de Canterbury, Rowan Williams, a affirmé que sa visite à Taizé, en août dernier, « a été un cadeau et une grâce dont je me souviendrai longtemps ». « Je prie pour que cette rencontre opère une véritable révolution donnant de comprendre ce qu’il nous faut pour être ce pourquoi nous avons été créés, et de démasquer les faux idéaux et les fantasmes qui cachent la beauté du vrai visage de l’humanité : « la gloire de Dieu sur le visage de Jésus Christ», a-t-il affirmé.
Un message de vœux a également été envoyé par le Secrétaire Général de la Fédération luthérienne mondiale, le Révérend Ishmael Noko, par le Secrétaire Général de l’Alliance réformée mondiale, Dr Setri Nyomi, par le président de la Conférence des Evêques de Pologne, Mgr Józef Michalik, par Herman Van Rompuy, Président du Conseil européen, et par le président de la Commission européenne, Manuel Barroso. (apic/com/bb)
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